Gros plan sur un Tom Collins cocktail avec une bouteille de Gin Beefeater en fond

Tom Collins, l’ancêtre du Gin Fizz

Encore un cocktail avec une sacrée histoire. D’abord apparu sous le nom de John Collins, il est revenu sous le nom de Tom Collins par un tour de passe-passe dont seul l’histoire populaire a le secret. Mais surtout vous allez le voir, seul un oeil avisé saura faire la différence avec le petit frère du Tom Collins, le Gin Fizz.

Un grand verre de Tom Collins avec une bouteille de soda water et de gin en arrière plan

Tom Collins

Molotov Gourmet
5 de 2 votes
Temps de préparation 3 min

Equipment

  • Un verre Collins bien sûr !

Ingrédients
  

  • 6 cl gin Old Tom
  • 3 cl jus de citron
  • 1 c. à café sucre en poudre
  • 18 cl eau gazeuse

Instructions
 

  • Dans un verre de type Collins (35-50 cl), (voir notre guide du matériel de bar), verser tous les ingrédients
  • Remuer à la cuillère 20-30 secondes
  • Garnir d’un zeste de citron
  • Pour un effet gazeux plus spectaculaire, on peut ajouter le sucre à la fin (mais en contrepartie il sera moins bien intégré)
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Histoire du John Tom Collins

Avant que les Fizz, les Daisies et les Collins n’occupent le devant de la scène, les punchs étaient les stars de la boisson mélangée. Si en France par punch on entend presque toujours la version d’outremer à base de rhum, ce n’était pas le cas en 1850 aux Etats-Unis.

Il existait donc un Gin Punch. Ces anciens punchs auront un jour un article sur CocktailMolotov je l’espère. Un jour, divinement inspiré, Stephen Price a demandé à ce que son Gin Punch soit allongé d’eau gazeuse. Plus tard Price a déménagé à Londres où sa version du Gin Punch rencontre le succès, jusqu’à ce qu’un barman du Limmer’s Hotel adapte la recette.

Le nom de ce barman : John Collins. Sa clientèle est assez prestigieuse et voyage beaucoup. Le cocktail, qui porte désormais son nom, retourne au pays de son ancêtre (le Gin Punch, vous avez suivi) : les Etats-Unis.

En tout cas ce qui est sûr c’est qu’un Collins’s Punch tourne, probablement préparé avec un genever (l’ancêtre hollandais du gin).

« J’ai croisé Tom Collins » ou comment John est devenu Tom

Mais alors comment le John Collins s’est transformé en son jumeau, le Tom Collins, dans l’édition de 1876 de Jerry Thomas ?

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Probablement par une coïncidence. Premièrement, avant le London Dry, il y eut une première version du gin que l’on retrouve dans les plus anciennes recettes : le Old Tom gin. Niveau douceur, il est à mi-chemin entre le genever et le London Dry. Remplaçant très vite le Dutch-style gin (le genever), les Collins ont donc forcément été préparé au Old Tom. Première confusion.

Au même moment, une blague, un meme dirions-nous aujourd’hui, fait le tour des bars. Elle consiste à raconter à un client un peu naïf qu’un certain Tom Collins disait du mal de lui. Quel dommage, le fameux Tom en question avait quitté le bar un instant avant que la victime du jour n’entre dans le bar. Le client pourrait certainement le retrouver au prochain bar où Tom a dit qu’il se rendrait. Bien entendu, la blague recommençait au bar suivant et le malheureux était promené ainsi de bar en bar.

La plaisanterie était apparemment populaire, parce qu’elle a été racontée plusieurs fois dans les journaux de l’époque, notamment parce que l’histoire ne finissait pas toujours bien. Deuxième confusion.

John Collins a survécu

Comment le pas a été sauté de John à Tom, les détails en sont probablement perdus à tout jamais. Mais c’est bien le Tom Collins qui est le plus connu de nos jours.

Mais par une sorte de réécriture de l’histoire, certains barmen ont finalement décidé que le John Collins et le Tom Collins étaient deux cocktails différents. Ainsi si vous le préparez au genever vous l’appellerez John Collins, et si vous le préparez au Old Tom, alors vous avez fait un Tom Collins.

Et si on le fait au London Dry ? Un Gin Fizz ? Pas si sûr

Tom Collins vs Gin Fizz

Du gin, du citron, du sucre et de l’eau gazeuse, c’est la recette du Gin Fizz non ? Les ingrédients sont les mêmes, mais les quantités légèrement différentes. La différence entre un Collins et un Fizz est ténue, et a d’ailleurs probablement était amplifiée a posteriori par la première personne à qui a on a dû demander une explication …

Néanmoins il existe aujourd’hui un consensus sur les appellations. Encore une fois, c’est l’usage qui dicte la définition et pas l’inverse.

Le Gin Fizz est supposé être un short drink. Il est donc préparé au shaker, glaçon filtré (donc pas de glaçons dans le verre !) et allongé d’un trait d’eau gazeuse. Il doit être bu rapidement.

À l’inverse le Collins est un tall punch, un cocktail fait pour être rafraîchissant, dégusté tranquillement. Dans ce cas-là on le sert en plus grande quantité, et on laisse les glaçons dans le verre pour le garder au frais plus longtemps. Et puisqu’il n’y a pas lieu de s’embêter pour les glaçons, on peut préparer directement au verre !

Voilà vous savez tous les secrets de la recette du Tom Collins !

Crédits photo : Certains droits réservés par uka0310

Ah si j’oubliais, Simba, approche, ça sera notre petit secret. Le cocktail en photo d’illustration. D’après la légende sur Flickr, c’est … un Gin Fizz ! Mais vu la quantité et les glaçons dans le verre, j’ai décidé qu’après tout il ferait bien office de Tom Collins !

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