Quand le printemps commence à pointer son nez, c’est le moment où on peut commencer à troquer les cocktails aromatiques, comme le Old Fashioned ou le Vieux Carré, pour des aperitivos (Spritz, Americano) ou même des long drinks (Moscow Mule, London Mule). Au sein de cette dernière catégorie, il est un cocktail qui tient une place particulière : le Gin & Tonic. Il n’a que deux ingrédients, mais parmi les plus complexes aromatiquement qui soient. Voilà pourquoi ce cocktail a une dimension quasiment mythique chez les amateurs ! Les Espagnols ne s’y trompent pas : le Gin & Tonic a connu un revival spectaculaire là-bas, et ils nous ont appris quelque chose d’essentiel sur la façon de le préparer. Notamment que vous mettez très probablement trop de gin dans le vôtre.

Gin & Tonic
Ingrédients
- 5 cl gin Mare ou Tanqueray par exemple
- 20 cl tonic Fever Tree ou 1724
Instructions
- Verser les ingrédients dans le verre
- Ajouter les glaçons
- Choisir le garnish approprié
Notes
Moins de gin pour un meilleur gin tonic
Chez CocktailMolotov, on est souvent parti en croisade contre les mauvais cocktails qui servent à masquer l’alcool de piètre de qualité. Vous devez utiliser de bons spiritueux, et vous en servir de fondation solide pour vos cocktails. Mais étrangement, ce conseil ne fonctionne pas pour le Gin & Tonic. Si vous préparez votre Gin-To en mode moit-moit, par exemple 6cl de gin pour 6cl de tonic, vous allez avoir deux problèmes : premièrement votre cocktail sera trop court, un Gin & Tonic se déguste longuement, pour se rafraîchir. Et deuxièmement, le gin va écraser le tonic, qui a des arômes plus subtils.
Le ratio parfait est donc bien plus en faveur du tonic : visez une dose de gin pour quatre doses de tonic. C’est pourquoi nous vous proposons 5 cl de gin pour 20 cl de tonic. Il faut ajouter généreusement beaucoup de glaçons, et un garnish adapté qui souligne les notes de votre gin et/ou de votre tonic.
Attention quand même, bande de petits filous : ne vous dites pas que si c’est seulement pour 20% du cocktail, alors vous pouvez bien faire quelques économies sur le gin. Si le gin ne représente que 1/5e du verre, il représentera bien 50% des saveurs. Je ne vous dis pas d’aller taper les 50€ la bouteille (mais si vous pouvez vous le permettre, n’hésitez pas !), mais évitez les bouteilles no name à 10€.
- En 1830, Charles Tanqueray, célèbre distillateur de Bloomsbury, fonde une distillerie à Londres avec l’ambition de créer un gin haut de gamme : le gin London Dry est né
- C’est par la sélection rigoureuse d’ingrédients très frais que Tanqueray peut produire ce gin de façon optimale
- Equilibré et classique, son goût dépend de quatre plantes principales : le genièvre, la coriandre, la réglisse et l’angélique
- LE GIN À LA FRANÇAISE : Lauréat de nombreux prix internationaux, le Gin Citadelle est le premier gin français à voir le jour. Très distingué et aromatique, il bénéficie de toute l’expertise de la Maison Ferrand.
- UNE RECETTE UNIQUE : Ce gin est élaboré à partir de 19 aromates infusant chacun entre 1 et 4 jours, selon leur profil. Le tout est ensuite distillé en petits alambics de cuivre à feu nu, ce qui offre beaucoup de souplesse au gin.
- CONSEILS DE DÉGUSTATION : Excellent pur, le gin se déguste en tonic avec une rondelle de concombre ou de citron, mais peut aussi être l’ingrédient phare d’un cocktail.
Le Gin & Tonic et ses origines dans l’empire colonial britannique
Comme le punch, le Gin & Tonic serait originaire des Indes britanniques. Mettez des Anglais loin de leur pays, et ils vont vous inventer une nouvelle façon de boire de l’alcool !
Les Anglais stationnés en Inde ont été nombreux à tomber malade de la malaria. La quinine, un alcaloïde extrait de l’écorce du quinquina, est un remède naturel contre celle maladie. Mais comme vous le savez déjà, elle est particulièrement amère. Une façon de la consommer était de la mélanger dans avec du sirop et du soda : le tonic était né ! C’est quand même beaucoup plus agréable. Malgré cela, vous avez peut-être encore du mal à consommer du Schweppes pur par exemple. D’ailleurs petit aparté, mais la prochaine fois que vous êtes au supermarché, regardez la bouteille et vous verrez qu’il est marqué « Indian Tonic » en dessous, souvenir de ses origines indiennes.
Bref, revenons-en à la consommation de tonic à la quinine pur : c’est moyennement agréable, surtout les premières fois. C’est parce que l’amertume est un « acquired taste » : des millions d’années d’évolution nous ont amené à détecter les poisons de la nature par le biais de l’amertume. « Si c’est amer, crache ! » nous dit notre cerveau. Il faut donc combattre cette petite voix pour être capable d’apprécier l’amertume. Que cela soit venu à l’esprit de quelqu’un de verser une larme de gin et quelque glaçons dans le tonic ne doit donc pas nous surprendre !
C’est en effet ainsi que de nombreux cocktails « populaires » ont été créés. Le nom de leur inventeur est, comme à chaque fois, perdu dans l’histoire. Mais quand deux boissons sont populaires, il ne faut pas longtemps avant qu’un téméraire n’ait l’idée de les mélanger. Et comme il se trouve que le gin et le tonic se marient à merveille, le mélange est entré dans l’histoire !

