Comment calculer le degré alcoolique d’un cocktail ?

TL;DR: Calculer le degré alcoolique d’un cocktail pour qui n’est pas familier avec le concept de moyennes pondérés peut s’avérer une entreprise des plus hasardeuses. Dans cet article CocktailMolotov vous explique pas à pas avec des exemples comment calculer ce chiffre. Pour les plus réfractaires aux mathématiques, rendez-vous sur ce calculateur de degré alcoolique en ligne que j’ai codé spécialement pour vous.

Introduction au calcul du degré alcoolique

Suite à un petit thread sur Barnova, j’ai pu m’apercevoir que les cours de mathématiques remontaient à très longtemps pour certains, et qu’un petit rappel s’avérait nécessaire en matière de pourcentages et de moyennes. Je me suis dit que ça pouvait intéresser certainement nos lecteurs, en tout cas ceux pour qui mathématiques riment avec torture scolaire. Il n’y a pourtant rien de plus simple que de calculer le titre d’un cocktail. Il suffit de maîtriser le concept de moyennes pondérées. Attention certains mélanges proposés ci-dessous ne servent qu’à titre d’exemple, et ne sont pas homologués par CocktailMolotov.

Vous répondrez ainsi à la question « Ce daïquiri est-il imbuvable ? »

Premier exemple

Prenons un exemple assez simple : je verse 4 cl de whisky à 40° dans un verre, puis 4 cl de Coca (à 0°). La boisson résultante titrera de manière évidente à 20°, puisque j’ai autant de whisky que de Coca. En effet, seul le whisky apporte de l’alcool à mon mélange, la quantité d’alcool reste la même, alors que le volume double : le titre est divisé par deux.

Deuxième exemple

Cette fois-ci vous êtes aventureux, et au lieu de vous faire un petit Whisky-Coca moitié-moitié, vous vous servez 4 cl de rye whiskey (40°) et 4 cl de vermouth doux (15°). Le « diluant » est maintenant lui aussi alcoolisé. Ce nouveau mélange titre maintenant (40+15)/2 = 27,5°. Les deux ingrédients sont introduits à parts égales, une moyenne toute bête nous donne le degré alcoolique de la boisson.

Troisième exemple

Admettons que vous ayez lu quelque part une recette d’un cocktail appelé « Manhattan« ,  vous savez très bien qu’il faut 6 cl de rye pour 3 cl de vermouth doux, au lieu de 4 et 4. Et c’est là que les choses se compliquent. Le rye étant en plus grande proportion que le vermouth, son degré va prédominer sur celui du vermouth. Dans quelle mesure ? Là encore un peu de calcul va nous donner la solution : (6×40 + 3×15)/(6+3) = 32°.

Quatrième exemple

Enfin, encore plus difficile, avec cette fois-ci le Burlington. 6 cl de rye (40°), 2,5 cl de Punt e Mes (16°), 1,5 cl de sirop d’érable au sel fumé (0°). Ce qui donne comme degré général pour le cocktail : (6×40 + 2,5 x 16 + 1,5 x 0)/(6 + 2,5 + 1,5) = 28°. Sauf que ça c’est au moment d’ajouter les ingrédients dans le verre à mélange. Puis on ajoute la glace et donc, de l’eau ! Environ 30 % d’eau est ajoutée par rapport au volume initial. Le volume final n’est donc plus 10 cl, mais 13. Soit un degré alcoolique de (6 x 40 + 2,5 x 16 + 1,5 x 0)/[(6 + 2,5 + 1,5) x 1,3) = 22°. On voit que l’eau joue un rôle majeur dans les cocktails, à la fois pour la température (ça sera l’objet d’un autre post) et pour la dilution, deux critères essentiels dans la perception du goût d’un cocktail.

Explication

Le degré alcoolique est un pourcentage : il indique le rapport entre le volume d’alcool et le volume total de liquide à 20°C (car les volumes peuvent changer selon la température, mais ça aussi ce sera l’objet d’un autre article). Par exemple dans un litre de gin à 40°, il y a 1 L x 40% = 40 cl d’éthanol pur (le nom scientifique de l’alcool présent dans les spiritueux). Si je rajoute 1 L d’eau, le volume d’alcool est le même, car il n’y a pas d’alcool dans l’eau (à ma connaissance), en revanche le volume de liquide total est maintenant de 2 L. Le degré alcoolique est alors 40 cl / 2 L = 20 % !

Donc dans les petites formules précédentes, en multipliant le titre du rye par son volume, j’obtiens la quantité d’alcool de ma dose de rye. En ajoutant la quantité d’alcool contenue dans le vermouth, j’ai la quantité d’alcool totale. Je divise alors par la somme des volumes (que j’ai augmentée de 30% pour cause de dilution), et pouf ! voilà le nouveau titre alcoométrique volumique de mon cocktail. Easy non ?

Généralisation

Les exemples c’est bien, mais une formule qui marche à tous les coups, c’est encore mieux.

On note :

N le nombre d’ingrédients du cocktail en question.

v_i le volume de l’ingrédient i.

t_i le degré alcoolique de l’ingrédient i.

T le degré alcoolique final du cocktail.

D Le taux de dilution lié à la glace fondue.

On obtient donc la formule assez simple pour trouver le degré alcoolique :

T = \frac{\sum\limits_{i=1}^N v_i \cdotp t_i}{(1+D) \cdotp \sum\limits_{i=1}^N v_i}

Comme vous voyez le cocktail c’est souvent un peu embêtant, mais on peut toujours trouver le moyen de s’amuser !

Blague à part, pour les grosses feignasses, je mets à disposition une fiche Excel en libre téléchargement, dans laquelle vous n’avez qu’à rentrer votre ingrédient, son degré et le volume qu’il y a dans le cocktail. S’il vous demande un mot de passe, mettez que vous souhaitez l’ouvrir en « Lecture seule ». Je l’ai programmé automatiquement pour une dilution de 30 % (ce qui devrait vous donner un degré maximum de votre cocktail, la dilution pouvant aller jusqu’à 40 ou 50 % selon la qualité de votre glace).

Calcul du degré alcoolique d’un cocktail

Pour ceux qui n’arrivent pas à ouvrir ce format, je vous propose un Google SpreadSheet. Il est bien entendu en lecture seule, pour pas que des petits malins le changent et que les suivants ne retrouvent plus le bon fichier. Il vous faudra donc faire votre propre copie du produit.

Ci-dessous une capture d’écran de la fiche Excel :

Screenshot feuille excel degré alcoolique

 

Le monde (autour) du whisky

Le whisky fait vivre des centaines de milliers voire des millions de personnes à travers le globe, il ne se passe pas une année sans qu’un magazine s’accapare du sujet et annonce son renouveau, renouveau de quoi d’ailleurs ? Le whisky est bien souvent emblématique d’une certaine virilité (ce que je désapprouve), cliché éprouvé pourtant…

Tenons-nous en aux single malts pour cet article, celui que personne ne boit (2% à 5% des ventes totales de whisky) mais dont on parle tout le temps. A ce propos, allez faire un tour sur Slate pour lire les articles de Christine Lambert, 1 par semaine, le jeudi, ça ne va pas vous tuer…

Le single malt, un problème de riches ?

Alors que les prix des single malts, produit qui ne représente qu’un très faible pourcentage -certes en croissance- par rapport aux autres catégories de whisky, s’envolent, les ventes ne s’arrêtent pas d’augmenter d’année en année.

Cela fait un long moment qu’on l’entend dans les cercles d’amateurs de whisky. Véritable opportunité pour certains, dram(e) -Oh Oh Oh [WhiskyGeek] – pour d’autres, le whisky ne cesse de faire parler le peuple ou plutôt ceux qui ont eu la chance (malchance ?) de croiser sa route à un moment dans leur vie.

Quoi de mieux que de discuter de ça après avoir publié un article sur l’excellent Iconic Whisky, le guide à posséder … Non je ne touche pas d’argent pour en parler, les auteurs en touchent déjà assez peu pour l’avoir écrit !

Les catégories de buveurs

Que les choses soient claires, je ne dealerai pas avec ceux qui boivent pour s’enivrer et finir en B-O (langage d’école de Co). Pas que le sujet ne m’intéresse pas, mais il est juste trop long à tacler et hors sujet !

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Jean-kevin le hipster devrait rester à l’eau du robinet

 

Bref,

Tu vois Tuco

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Dégage Clint, t’es hors sujet avec ton bourbon !

 

On attaque avec les « non-buveurs« , à ceux là je leur dis : Fuyez pauvres fous ! Placez tout dans le granite breton !

Les vrais amateurs

Dédicace à mon pote Victor ! « En sortant de la boutique, je n’attends pas d’arriver chez moi, j’ouvre la bouteille dans la rue, juste pour sentir le malt ». #MainQuiTremble #DrugAddict. Ceux là sont foutus, peu importe leur salaire, il leur restera très peu à partir du 5 du mois pour se nourrir jusqu’au prochain salaire !

Pas grand chose à dire si ce n’est « Continuez les gars, achetez les bouteilles avant ceux qui les revendent sur ebay ! ». En plus de cela vous ferez plaisir aux fonds de pension canadiens des retraites, aux p’tits vieux qui n’ont rien d’autre à br*nler que de placer leur fric en actions plutôt que de faire vivre des petits producteurs de whisky français… GRRRR§§§§

Les « c’était mieux avant »

Cet article leur mettra un vrai coup de poignard au cœur, eux qui avaient essayé d’oublier qu’en effet, c’était mieux avant !

Définissons/ez tout de même le « Avant »; L’âge d’Or du single malt est situé entre 2000 et 2010 (pour étendre la période), à cette époque là, des trucs d’exception qui valent maintenant entre 2000 et 5000€ la bouteille, on en buvait à la choppe de bière ! J’exagère mais tablez sur un x2 à x100 (Karuizawa 😉 ) en l’espace de 10 ans.

Bon, quand j’ai attaqué le whisky, en 2006, encore étudiant, j’étais sans le sou… Bon aujourd’hui c’est toujours le cas, mais pour d’autres raisons ! Et ouais, mon nouveau bébé, Colada, créateur d’ateliers cocktails innovants pour tous ! Faites de vos talents un cocktail ! J’espère vous retrouver pour tailler le bout de gras autour d’un cocktail 😉 [/Publicité]

D’ailleurs je retournerais bien dans le passé prévenir mon moi de 2006…

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T’aimes le whisky ? ACHETE TOUT §§§§§§§

 

Les collectionneurs qui boivent

Ceux qui ont déjà contacté leur chirurgien pour une greffe de foie en 2025. La plupart des bouteilles de leur collection sont ouvertes, donc inrevendables (si ce n’est en échantillons), pas d’argent pour payer le chirurgien… Tout comme ceux de la catégorie d’après, leur motto  est « Après celle-ci j’arrête ».

Les collectionneurs qui ne boivent pas (et qui ont en stock de quoi faire exploser tout un quartier de Paris)

Considérant chaque goutte comme l’urine (?) du Christ -désolé, le sang c’est déjà pris les gars-, ceux-ci savourent leur « dram » hebdomadaire. Amateurs éclairés sur ce qui est bon et qui ne l’est pas -ce qui reste subjectif-, sur ce qui a un bon rapport Q/P. Ils voient leur stock comme des assets -PhD de finance les gars- et se disent qu’ils légueront ça à leur bambins, le revendront en cas de coup dur ou vivront assez pour tout boire (environ 250 ans en buvant une bouteille par jour…).

Les traders ou assimilés

Qui n’y connaissent rien, comme ceux qui s’achètent une rolex parce que c’est cher. Ceux-là se servent de leur argent pour frimer auprès de leur entourage. Acheter un gros Macallan à 800€ parce que c’est ce que boit James Bond dans Skyfall par exemple (bon celui du film est plus proche des 80000€). Après tout, il faut bien trouver un moyen de dépenser l’argent qu’on gagne !

Les jeunes br*nleurs

Ceux pour qui la mention d’age sur un whisky est quelque chose qu’ils n’ont jamais connu. Ces jeunes br*nleurs insouciants ont la chance de ne pas avoir connu le « c’était mieux avant », ils se délectent sur un Hibiki Japanese Harmony ou sur un Laphroaig Select, grand bien leur fasse. Le mieux que je puisse leur conseiller, avant d’acheter des 12 ans japonais à 120€, c’est d’aller voir à quoi ils ont accès dans d’autres catégories de spiritueux pour la même somme…

Ceux qu’en parlent le plus mais qu’en boivent le moins

Sur les forums dédiés, à débattre du meilleur Bunnahabhain  (à prononcer bouna-ahveine pour ne pas risquer la potence, un samedi en public à la boutique d’Anjou, comprendra qui pourra) vieilli en fut de Jerez qu’ils ont bu. Cela donne du « J’avais gouté en 2012, un Ardbeg Sherry de 1976, cask 83, un dark sherry de folie, un rancio très fin, bien plus que Glendronach qui pourtant se défend bien sur la couleur. Ajout de caramel ? ». Un coup à vous filer une migraine en moins de 20 minutes.

Les Allemands

Désolé à nos amis teutons, si vous utilisez google trad, je ne m’adresse qu’aux fils de lâches qui achètent pour revendre sur eBay -avec un bon x3 à x20- avant même d’avoir reçu la marchandise… Il se trouve que c’est une majorité d’allemands qui font ça… Probablement parce que le marché est plus important qu’en France ?

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Dans quelle catégorie te situes-tu gringo ? Crédits Serge V.

 

Les climato-sceptiques: Lorsqu’on leur annonce que les prix augmentent parce que le vieux whisky se raréfie. C’est un sujet trop compliqué pour être abordé dans cet article. C’est vrai quand on y pense, l’intéret pour le single malt explose, les grands groupes, qui détiennent la plupart des distilleries y voient une occasion en or d’augmenter les prix en prétextant la raréfaction du vieux malt. A nouveau, certains réussiront à en profiter, d’autres se tourneront vers des bouteilles/spiritueux plus accessibles.

 

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On aimerait qu’il ait tort…
Crédits S. Valentin

 

Mic out.

 

Revue d’Iconic Whisky, un livre d’ A. Vingtier et de C.Mald

Iconic Whisky, nouveau livre sur ce spiritueux de céréales vieux de plusieurs siècles et produit sur plusieurs continents, co-écrit par Alexandre Vingtier et Cyrille Mald. Cet ouvrage apporte une pierre neuve à l’édifice, en rendant accès à un certain nombre d’outils à l’amateur  – dépoussiérés et/ou novateurs- qui viendront lui simplifier la vie dans sa quête de découverte de saveurs. Empruntant un chemin entre guide d’achat et guide des saveurs, l’oeuvre se permet de mettre sur les bons rails, à l’aide de chapitres bienvenus, les plus débutants comme les plus éclairés d’entre nous ayant appris sur le tas. Plus qu’une encyclopédie, un livre de référence à caler entre deux belles bouteilles, le tout, à portée de main.

Le génie d’Iconic Whisky

Comment aborder un potentiel nouveau centre d’intérêt ? Cette question, nous nous la sommes tous posée… Chacun a sa technique, je fais partie de ceux qui éclusent le net à la recherche d’informations, qu’il faut ensuite vérifier, recouper, ranger dans un certain ordre… Cela représente un temps considérable, sans même nous rassurer quant à la qualité de la démarche utilisée… « Suis-je sur le bon site pour ce sujet ? Qu’est-ce qui me prouve que l’auteur dit des choses justes ? »

C’est pour ces raisons que CocktailMolotov va passer en revue de plus en plus de livres, qui valent la peine, ou non, d’être achetés et lus. Ces livres vous permettront de développer ou d’approfondir vos connaissances dans un domaine. Vous serez pas la suite plus à même de séparer le bon grain de l’ivraie -Et le prix 2016 du meilleur placement d’expression dans un article revient à… COCKTAIL MOLOTOV !!! »-

Iconic Whisky Single Malts & More de C. Mald & A. Vingtier aux éditions de la martinière, 24,90€.

La préface de Serge Valentin résume en 6 phrases le génie d’ Iconic Whisky. Ce livre incarne une prise de risque salutaire , de la part de ses auteurs, qui s’illustre en prenant à contre-pied les sempiternels livres qui se suivent et se ressemblent. Si Iconic Whisky ne prétend pas balayer d’un revers de manche les écrits jusque là, il se permet de relancer une machine qui devenait de plus en plus austère d’année en année sur le plan littéraire. Le whisky « subit » une transition et se cherche sur le plan gustatif. Un opus incontournable pour démarrer ou approfondir ses connaissances sur le whisky de la bonne façon.

De l’information, juste ce qu’il faut.

Si le livre se doit de commencer quelque part, il prend la peine de différencier le whisky des autres spiritueux sans toutefois s’attarder sur des aspects trop ésotériques qui pourraient en noyer plus d’un. On commencera donc par découvrir les différents pays producteurs de whisky, avec les spécificités de leurs labels et de leurs réglementations respectives. Des Single Grain écossais aux Tennessee Whisky américains, en passant par les Grain Irish Whiskeys irlandais,  il n’y a pas de laissé pour compte; De quoi découvrir en quelques pages la grande diversité des types de whiskies. L’ouvrage continue son numéro d’équilibriste entre concision et exhaustivité en nous présentant les composants du nectar : les céréales, les levures, la tourbe, sans oublier l’eau – il en faut bien un peu, parfois !

Jolies illustrations des procédés de fabrication

Jolies illustrations des procédés de fabrication

Les néophytes pourront ensuite étancher leur curiosité avec une présentation très pédagogique des procédés de fabrication, de la germination des grains à leur séchage – qui confère ce fameux goût fumé lorsqu’il est effectué avec de la tourbe –, à la fermentation puis la distillation. Enfin, les auteurs n’oublient pas d’explorer la maturation. Si les descriptions illustrées de chaque type de fût et de leur contenance risquent de perdre les lecteurs les moins confirmés – il en faut pour tout le monde –, ceux-ci pourront toutefois découvrir en quoi l’utilisation de fûts de Porto, Sauternes, Cognac ou Sherry va influencer les arômes. Et les auteurs reviendront bien rapidement à eux en leur proposant une véritable méthode de dégustation professionnelle. Un indice : le cul-sec n’est pas recommandé !

Au-delà de son style d’écriture, la force du livre réside en effet dans son universalité : débutants comme experts pourront piocher les différentes informations qu’ils recherchent sur chaque thématique, et approfondir selon leur désir.

-Okay, mais encore ?

Des outils et une ergonomie bien pensés au service de l’amateur

Certains d’entre-nous ont oublié à quoi servait une roue des arômes, qui est pourtant très utile dans bien des cas.

Roue des arômes archi complète

Roue des arômes archi complète

Celle usitée au possible que l’on trouve sur le net a commencé le travail… Celle ci-dessus d’Iconic Whisky pousse l’exercice à un autre niveau… Ce n’est pas assez pour vous ?

Tableau FF comme... Fruits Frais !

Tableau FF comme… Fruits Frais !

Un tableau, reprenant avec exhaustivité les arômes.

Ça ne sera peut-être pas ce dans quoi vous plongerez votre nez… Par contre, l’astucieux rappel de la compréhension des outils, situé en couverture du livre, sera salutaire lorsque vous attaquerez les fiches sur plusieurs centaines de distilleries.

Autre élément salutaire, la proposition d’une nouvelle échelle de notation, bien plus claire que le système utilisé actuellement. Attention, n’oublions pas qu’Iconic Whisky référence les « 1000 whiskies incontournables du monde », par conséquent, lorsque les auteurs mettent « 1 » à un whisky, ne vous attendez pas à un débouche-évier, mais bien à un whisky bien fait pour son prix sans grande complexité, par exemple.

Un astucieux guide d’achat

D’ailleurs, la seconde partie du livre, la plus imposante avec une présentation de 1000 whiskies, n’est à l’évidence pas à concevoir comme un roman, mais comme une véritable encyclopédie pédagogique. Après avoir montré une carte des distilleries de chaque région, les descriptions s’attacheront à montrer succinctement les profils aromatiques des différentes bouteilles explorées, avec une grille de dégustation en triptyque « Nez / Bouche / Finale ». Tout à fait idéal pour se renseigner sur une bouteille précise, découvrir la sélection d’une distillerie, approfondir ses connaissances sur une région, ou simplement chercher une bonne idée de cadeau.

Fiche d'une distillerie et de ses produits

Fiche d’une distillerie et de ses produits

Fidèle à son titre, Iconic Whisky est donc bien la plus emblématique des références sur ce spiritueux. Le whisky déchaîne les passions, et à l’heure d’une profonde transformation de l’industrie, couplée à une spéculation sur les prix qui ferait rougir le monde des produits financiers dérivés, il offre une sérénité essentielle pour des choix éclairés. Ou, inversement, générer de terribles pulsions d’achat … À lire sans modération !

Iconic whisky est recommandé par Colada, lors de nos ateliers cocktails innovants !

Article co-écrit avec Aloïs Gille

 

Quand les institutions publiques produisent de l’Armagnac …

Comment en est-on arrivé à ce que le Conseil Général des Landes devienne propriétaire et gestionnaire d’un domaine d’Armagnac ? Les élus du département étaient peut-être jaloux de leurs collègues de l’Assemblée Nationale, et du débit de leur buvette … L’équipe de Cocktail Molotov a enquêté sur les traces du Domaine d’Ognoas, de ses alambics historiques – dont l’un est inscrit au patrimoine des monuments historiques –, de ses réserves forestières qui  lui fournissent les tonneaux, et de ses vignes pour le raisin. Avec tous les ingrédients réunis à portée de main pour la réalisation d’un Armagnac de terroir, le Département a de quoi s’amuser !

La chasse gardée du Département des Landes, entre ses forêts, ses vignes, et ses alambics

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« Chais des Anges »

L’histoire commence en fait avec un domaine seigneurial sans histoire, rattaché au vicomté de Marsan depuis la fin du XIe siècle. En 1770, un petit bourgeois d’origine modeste et enrichi grâce au négoce se met en tête d’acquérir des terres pour offrir titres et notabilité à son nom, et prend possession du domaine. C’est à cette époque que la production d’eau-de-vie à Ognoas est attestée pour la première fois. En 1847, le dernier de sa lignée meurt sans descendance, et en profite donc pour s’acquitter de ses péchés en léguant une grande partie de son patrimoine à des institutions religieuses. Le diocèse local accepte bien volontiers le Domaine  – il y avait déjà le sang du Christ, pourquoi se priver des larmes du Christ ?

Dommage pour eux, la loi de Séparation de l’Église et de l’État de 1905 transfère d’office la propriété des 650 hectares du domaine au Département, sans passer par la case notaire !

Un duo d’alambics de compétition

Et, bon, quitte à réquisitionner les terres, autant ne pas se priver du trésor du domaine : le plus vieil alambic de Gascogne (selon les dires du département !), datant de 1804 ! Utilisant la technique de  distillation en colonne, à l’époque très moderne, il a été perfectionné au gré des années, et est toujours en activité – il fournit grosso modo un bon tiers de la production.

 

Alambic de 1804

Alambic en colonne de 1804, inscrit au patrimoine des monuments historiques depuis 2006

On appréciera bien-sûr son originalité et sa robustesse d’antan, digne du vieux réfrigérateur de votre grand-mère qui marche toujours depuis 35 ans. Un bon dessin valant mieux qu’un long discours, la distillerie affiche juste à côté un petit graphique qui permet d’expliquer quels sont les différents composants et leur positionnement :

Charte Alambic

Graphique explicatif du fonctionnement de l’alambic

Et à Cocktail Molotov, on trouve même qu’une bonne vidéo vaut encore mieux qu’un bon dessin, surtout quand elle est faite par la profession elle-même :

 

Et maintenant que vous savez tout sur la distillation armagnacaise, autant vous présenter aussi le deuxième alambic de la distillerie, datant de 1936, et lui aussi toujours en activité :

Alambic SIER

Alambic SIER de 1936, transporté de village en village. « Jamais sans mon alambic ! »

Et oui, face au mastodonte de 1804, il fallait bien un modèle « de poche » tournant au gaz pour emporter en voyage ! Et il faut l’avouer, il y a quelque chose d’assez charmant à imaginer le distillateur faire la tournée des domaines viticoles du coin avec son cheval pour aller distiller directement sur place. Malheureusement pour les touristes en mal de sensations fortes, il a été fixé au sol en 1999 !

Un terrain bien valorisé

L’avantage d’être propriétaire de 650 hectares de forêt et de vignes autour de sa distillerie, c’est aussi de pouvoir se procurer directement le raisin et le bois nécessaire aux tonneaux, ce que le Département ne manque pas de rappeler pour affirmer sa volonté d’être une vitrine du savoir-faire régional.

350 hectares sont en effet dédiés à la forêt, qu’un tonnelier local viendra inspecter pour sélectionner les arbres qui deviendront les précieux contenants. Il lui faudra 10 heures de travail pour construire un tonneau de 420 litres !

Côté raisins, le domaine possède 50 hectares de vignes, composée des cépages Folle Blanche, Ugni Blanc et Baco 22A, qui alimentent leur production de 500 hl d’eau-de-vie annuelle.

Paysage

Au second-plan, les vignes ; en arrière-plan, la forêt

Avec ses rendements élevés et une forte acidité, l’Ugni Blanc ne convient pas vraiment à la production de vin, mais se révèle idéal pour la distillation – c’est d’ailleurs aussi le cépage roi du Cognac

Et le résultat ?

La traditionnelle dégustation post-visite s’effectue dans la salle dédiée du château. Plusieurs fûts trônent sur le côté : 2004, 1994, 1976 ! Et nous découvrons qu’ils ne sont pas là pour agrémenter la décoration et les trois médailles d’or au Concours Général Agricole 2015, puisque la dégustation s’effectuera directement en sortie de fût ! L’expérience est toujours plaisante, surtout sur des vieux fûts.

Avant d’en arriver là, la distillerie nous présente d’abord le vin de liqueur régional, à savoir le Floc de Gascogne. Disponible en blanc et en rosé, et réalisé en mélangeant un tiers d’Armagnac avec deux tiers de moût de raisin – surtout du Colombard pour la version blanche, et du Cabernet Franc / Cabernet Sauvignon pour la rosée –, il s’agit de l’équivalent local du Pommeau de Normandie (Calvados) ou du Pineau des Charentes (Cognac). Servie très fraîche avec glaçons, la version rosée s’avère séduisante pour un apéritif et assez proche d’un pineau. On sature en revanche plus rapidement de la version blanche, par sa texture lourde et sucrée, et des arômes un peu bruts de décoffrage.

Côté eau-de-vie, la dégustation en sortie de fût impose de les imaginer plus aérés. À ce titre, le fût de 2004 en écœure quelques uns dans la salle par son retour d’acidité. Les plus vieux millésimes, surtout après une aération, offrent des saveurs intéressantes de fruits, de cire de bois, de vanille, de pruneau, et de miel. Et sur les vieilles références, on retrouvera aussi l’arôme de rancio.

Bouteille

Bouteille du Domaine d’Ognoas

Finalement, la visite du domaine d’Ognoas et de ses vieux alambics, entre ses vignes et ses forêts, fait un peu penser à une chanson de Jean Ferrat (« les vignes, elles courent dans la forêt …« ). Un très bon aperçu du savoir-faire régional, dont la qualité ne rivalise certes pas avec les grands cognacs, mais dont les prix non plus : en boutique, comptez 60 à 70 euros pour un 1992 ou 1996 mis en bouteille cette année.

Et, puisqu’on vous a mis l’eau à la bouche, justice réclame qu’on vous laisse sur une petite vidéo de Jean Ferrat gambadant joyeusement dans la montagne ardéchoise :

 

Infos complémentaires

Domaine d'Ognoas
Le Domaine d'Ognoas est la propriété du Conseil Général des Landes
1043 Route d'Ognoas
Arthez-d'Armagnac
40190
FR

 

Brexit Cocktail

Si vous aussi vous avez suivi avec assiduité le feuilleton Brexit, qui ne prendra effet que dans un futur plus ou moins lointain… Si votre bouche était ouverte et que votre langue pendait, vous, absorbé complètement devant nos géniales chaînes d’information; Vous avez dû progressivement vous dessécher, oubliant probablement de vous hydrater. Heureusement nous sommes là pour ça ! Ce cocktail rend hommage à la puissance de l’Europe en ce qui concerne les spiritueux, liqueurs et autres scènes cocktails. Parce que pas besoin d’aller à Londres pour boire des bons cocktails, parce que du bon gin, il y en a dans toute l’Europe !

Le Brexit Cocktail, un cocktail délicieux fait pour rendre des comptes

Il y a cependant une fin heureuse qui montre que l’on peut travailler ensemble main dans la main… Elle est cependant d’ordre éthylique et non politique !

Cet article n’est pas là pour parler de politique, mais tout de même, quand on sait que les requêtes google provenant de UK telles que « Qu’est-ce que l’UE ? » ou encore « Que va-t-il se passer si l’on quitte l’UE ? » ont explosé après le vote…

Oh Mon Dieu ?

L’objectif n’est toutefois pas de tenter de prouver que les anglais sont plus bêtes que nous, les américains nous dominent tous à ce petit jeu ! #EasyUSBashing

Parlons du cocktail donc.

L’art et la manière de ségréguer éthyliquement

Ça commence par un fond de gin London dry, bien dry -le ressenti actuel outre-manche-. Le gin est là pour apporter de la structure, manque de pot, la structure en ce moment se casse la gueule.

Ne t’en fais pas, après quelques verres, tout ira mieux !

Le « trick » du cocktail est de faire attention à mélanger tous les ingrédients ensemble sauf le gin anglais. Non je plaisante, en cocktail, ce n’est pas possible.

On espère pouvoir faire ce cocktail avec du scotch whisky très prochainement 😉 #GoScotland

A réaliser à la cuillère pas au shaker bien entendu 😉

Un rinçage de verre à l’aide de l’absinthe « L’entêté » de Combier, dédicace à tous ces partisans du « Leave »

Absinthe interdite à cause des lobbies en créant de fausses études scientifiques pour persuader les gens que ce spiritueux rendait fou… C’était il y a 101 ans en France messieurs dames.

On part donc sur une base de Diplomat Cocktailvous savez « Diplomatie » ce mot mourant. #Poutine

Alors qu’a-t-on en stock ?

On va partir sur une grosse part de Vermouth de Chambéry Blanc, comme la couleur des votes que l’on ne comptabilise pas, de peur d’être encore plus ridicule. #Politichiens

On enchaîne sur un vermouth de nos amis espagnols, récemment trop frileux pour voter le changement, Yzaguirre Roja, si je savais lire l’Espagnol, je vous dirais que la description de ce vermouth dans le livre de F. Monti, intitulé El Gran Libro del Vermouth, est très flatteuse… (courrez acheter le livre, vous qui avez fait LV2 Espagnol)

On enchaîne avec le Maraschino, liqueur italienne qui fait appel à des cerises de Croatie… Quand je vous disais que l’Europe c’est du travail d’équipe…

NB: Pour cet article j’hésitais à utiliser du Gin de Drouin, excellent gin français, pour montrer qu’on « les » a déjà oublié,mais n’enfonçons pas le couteau dans la plaie, le gin est déjà noyé par nos merveilleux alcools européens.

Tout ça va bien goûter le sucre comme on dit chez nous, on va donc ajouter une pointe d’acidité, on laisse l’amertume aux londoniens.

haha-nelson

A allonger d’eau gazeuse pour en faire une boisson rafraîchissante à siroter tout l’été devant BFMTV.

Brexit Cocktail

Brexit Cocktail
Brexit Cocktail
Un cocktail rafraîchissant pour suivre le feuilleton de l'été
Ingredients:
  • 3 cl de vermouth Blanc de Chambery
  • 1 cl de vermouth rouge espagnol
  • 0,5 cl de maraschino
  • 1 rinçage à l'absinthe du verre
  • 1 larme de gin london, bien dry
  • 2cl de jus de citron jaune
  • Eau gazeuse à discrétion
Instructions:
Rincez votre verre highball à l'absinthe puis versez l'excédent dans l'évier. Ajoutez la larme de gin, l'authentique larme de D. Cameron. Puis ajoutez dans n'importe quel ordre nos bons alcools européens. Ajoutez 2 cl de jus de citron JAUNE, pas vert, soyons sérieux, restons dans l'Europe ! Ajoutez vos glaçons, mélangez bien à la cuillère puis complétez d'eau gazeuse à discrétion ! C'est prêt !