Whisky Live 2016

Disclaimer : j’ai été (micro-)actionnaire du Syndicat pendant 2 ans.

Si vous ne laissez pas Cocktail Molotov passer par la porte, ils entrent par la fenêtre. Cette chronique n’a bien failli pas voir le jour, à cause d’une demande d’accréditation trop tardive, mais votre serviteur a plus d’un tour dans son sac.

Bref, après moult péripéties, nous voilà à l’intérieur de la Cité de la mode et du design. Je fais d’abord un tour général du sous-sol (la Cocktail Street, au bord de la Seine) au plafond (l’espace dégustation).

Je décide de consacrer la première partie de mon temps à l’espace dédié au whisky – plutôt smart le gars quand on y pense, puisqu’on est au Whisky Live … Je vais même me consacrer aux whiskies « exotiques ». Attiré, je l’avoue, par le nom et le packaging, je m’approche du stand de The Lost Distillery Company : à partir de différents documents d’époque, ils essaient de recréer les whiskies de distilleries qui ont fermé au cours des derniers siècles. Si la démarche est intellectuellement très intéressante et les whiskies plus que décents, je dois confesser qu’aucun ne m’a laissé un souvenir impérissable.

The Lost Distillery Company

The Lost Distillery Compagy

On enchaîne avec Amrut, whisky indien dont j’ai entendu le plus grand bien. Et les rumeurs étaient fondées, puisque même le Amrut Indian Single Malt, l’entrée de gamme (à 48€ tout de même) me fait une forte impression. Il n’a que 4 ans, mais il fait plus vieux que son âge, et a une texture vraiment incroyable. Je vais d’ailleurs me renseigner un peu plus sur ces whiskies qui vieillissent dans des conditions de température élevée. Mon hôte m’indique qu’ils ont trompé des tas d’experts en blind tasting.

Toute la gamme Amrut

Toute la gamme Amrut

Pas très loin se trouve le stand de Hellyers Road, un whisky qui vient vraiment de l’autre bout du monde, puisqu’il nous arrive tout droit de Tasmanie. Ils ont tout ce qu’il faut là-bas pour faire du whisky : orge, distillerie, et même du vin qui fournit des fûts pour le vieillissement ! On recommande leur Roaring Forty.

Pas le temps de niaiser, on continue avec Lagavulin, où le truculent Mr Hutchins nous régale en décrivant leur édition vieillie 16 ans avec passage en fût de Pedro ximénez comme « le mariage de Monica Belluci et Vincent Cassel ». J’ajouterais « avec un meilleur finish » !

Mais la folle matinée n’est toujours pas terminée, et on profite d’une queue raccourcie 😉 pour tester la Golden Promise. Mais qu’est ce qui se cache dans ce mystérieux cube ? Il s’agit en fait d’un teasing parfaitement organisé pour le bar qu’ouvrira La Maison Du Whisky d’ici la fin de l’année. A l’entrée, une petite roulette décide de ce que l’on va goûter : pour nous ça sera du Caroni à même le fût. Oublié sous les tropiques, ce fût a vieilli dans des conditions telles que l’eau s’est évaporée plus vite que l’alcool (une sorte de part des anges inversée). Mis en fût à 64°, le rhum en ressort à 68°. Chez CocktailMolotov nous enquêtons sur les conditions de pression, température et humidité qui permettent un tel miracle ! Il sera possible de déguster à même le fût dans le bar, et c’est une idée assez originale pour être soulignée.

Le fameux fût de Caroni

Le fameux fût de Caroni

Enfin pour en finir avec les whiskies, on fait un détour par la Bavière avec Slyrs, un whisky allemand. La distillerie n’est pas très loin de Berchtesgaden où j’avais visité les mines de sel avec ma classe de quatrième Allemand LV2. Comment ça vous en avez rien à foutre ? Sinon le whisky est bon, j’ai goûté leur version vieillie en fût de Pedro ximénez (pour comparer avec Laga, malinx le lynx !).

Pour la pause déjeuner, je décide d’aller au 3e sous-sol, au bord de la Seine, à la Cocktail Street. J’ai été assez déçu, plusieurs stands étaient fermés (après l’euphorie du week-end certainement), plus de marques que de bars à cocktail, et je n’ai pas été inspiré par le mélange qui m’a été servi au stand Jura à base de Prophecy. Mention tout de même à la gaufre au saumon que j’ai mangé et au cookie au chocolat fumé.

Le stand Jura dans la Cocktail street

Le stand Jura dans la Cocktail street

En remontant à l’espace dégustation je croise Romain le Mouellic, du Syndicat, et bientôt de la Commune aussi, qui était là en préparation de son voyage aux Antilles pour la carte de son nouveau bar. Je l’accompagne donc dans ses dégustations de rhum. Mon palais commençant à saturer, mes comptes-tendus ne font pas honneur à ceux que j’ai dégusté. J’ai tout de même appris que Bally est un précurseur du vieillissement du rhum aux Antilles.

J’ajouterai que j’ai trouvé que Romain a souvent été accueilli assez fraîchement sur certains stands quand il a dit qu’il allait passer à la distillerie, contrairement à l’accueil qui lui avait été réservé sur les stands de Cognac quand il avait ouvert le Syndicat.

Ainsi s’achève le Whisky Live 2016 en ce qui concerne CocktailMolotov !

 

Cours de statistiques avec le classement World’s Best Bar

Il vient d’arriver, tout frais tout chaud tout beau, le nouveau top 50 des meilleurs bars du monde selon World’s Best Bar.
Dans un effort de transparence, il est possible d’en savoir un peu sur la méthodologie employée : 476 experts (critères arbitraires) ont chacun désigné 5 bars, de manière ordonnée, afin qu’il soit possible de distinguer deux bars qui ont été nommés autant de fois, mais à des places différentes. On apprend ainsi que 652 bars ont eu la chance d’être cités au moins une fois.

Il ne faut pas plus d’information (moyennant quelques hypothèses que nous allons détailler un peu plus bas) à l’équipe de Cocktail Molotov pour estimer les grandeurs suivantes :

  • Combien de bars ont été cités une seule fois
  • Combien de votes il fallait avoir pour apparaître dans le op 50
  • Combien de votes a obtenu le premier

Le pouvoir des mathématiques !

Hypothèses simplificatrices

Première hypothèse

Il est indiqué dans l’article en lien ci-dessus, qu’un bar classé premier par un votant a un score légèrement supérieur à celui d’un bar classé deuxième, qui lui-même a un score légèrement supérieur au troisième, et ainsi de suite.
L’hypothèse que je fais donc est que si on donne un point au cinquième, alors on donne 1,1 points au quatrième (c’est mon interprétation de légèrement) ce qui donne les scores suivants en fonction du classement :

  • 1 : 1,4
  • 2 : 1.3
  • 3 : 1.2
  • 4 : 1.1
  • 5 : 1

Deuxième hypothèse

Je fais l’hypothèse que la distribution des résultats suit une distribution géométrique. Pour résumer très simplement, c’est la fameuse distribution à l’origine du principe de Pareto, vous savez cette loi qui dit que 20% des gens possèdent 80% des richesses. Et bien là, je ferai l’hypothèse que 20% des bars ont reçu 80% des votes (enfin, je vais adapter ce 20 et ce 80 à l’aide des valeurs fournies par World’s Best Bars).

Analyse des résultats

Chaque votant a distribué 1 + 1,1 + 1,2 + 1,3 + 1,4 = 6 points (hypothèse 1). Il y avait 476 votants, soit 2856 points distribués, répartis entre 652 bars, ce qui nous donne une moyenne de 4,38 points par bar.

Nous allons maintenant utiliser notre hypothèse sur la nature de la distribution : la distribution géométrique est entièrement définie par son paramètre p, et ce paramètre a notamment la propriété d’être l’inverse de la moyenne. Dans notre cas, cela nous donne p = 1/ 4.28 = 0.23.

La probabilité qu’un bar donné ait reçu n votes suivant une distribution de probabilité géométrique est donnée par :

P(n) = p*(1-p)^n

Note pour les puristes, j’ai décalé de 1 pour commence à 1 vote, et pas à 0 vote.

Ce qui nous donne donc que 23% des bars ont eu un seul point (soit 150 bars).

Pour être dans le top 50, sur 652 bars, cela revient à avoir un score qui est dans le top 7,5% (ou que 92,5% des bars aient eu un score plus faible).
On cumule donc les probabilités P(1), P(2), P(3) etc. jusqu’à ce que cette somme cumulée soit supérieure à 0.925.

Quand on fait le calcul avec les hypothèses que l’on a faites, cela donne la table suivante :

Distribution d'une loi géométrique de paramètre p = 0.23

Distribution d’une loi géométrique de paramètre p = 0.23

 

Comme on le voit sur la table, il suffit d’avoir un score supérieur à 10 pour entrer dans le top 50.
La probabilité qu’un bar ait eu un score supérieur à 27 est inférieure à 1000, donc s’il n’y a que 652 bars qui ont été cités, on peut raisonnablement penser que le premier bar a eu moins de 27 points.

Conclusion

Tout d’abord je tiens à féliciter les organisateurs du concours World’s Best Bars pour avoir franchi un pas de plus dans la transparence de ces votes. Que ma pauvre tentative de reverse engineering des résultats ne les dissuadent pas de poursuivre leurs efforts dans ce sens, bien au contraire.

Ensuite, pour entrer dans les détails des valeurs obtenues, on se rend compte qu’une place dans le top 50 se joue à peu de votes, et l’écart entre ceux qui sont cités mais n’apparaissent pas dans le top est faible. Tout comme l’écart entre la première et la 50e places se joue à une quinzaine de votes environ (sur 476 votants).

Le but n’est pas de minimiser la performance de ceux qui ont eu les honneurs de ce classement. Si certains y figurent chaque année en bonne position c’est tout sauf un hasard. En revanche on peut rassurer ceux qui n’ont pas eu la chance d’y figurer : la prochaine fois, ce sera peut-être votre tour !

Enfin, j’ajouterai pour les mauvaises langues que si N patrons de bars souhaitent s’entendre entre eux pour faire figurer chacun de leurs bars dans le top 50, ils n’ont que 6N points à distribuer, alors que leurs bars en ont besoin de 10N, c’est donc mission impossible ;-).

 

Comment calculer le degré alcoolique d’un cocktail ?

TL;DR: Calculer le degré alcoolique d’un cocktail pour qui n’est pas familier avec le concept de moyennes pondérés peut s’avérer une entreprise des plus hasardeuses. Dans cet article CocktailMolotov vous explique pas à pas avec des exemples comment calculer ce chiffre. Pour les plus réfractaires aux mathématiques, rendez-vous sur ce calculateur de degré alcoolique en ligne que j’ai codé spécialement pour vous.

Introduction au calcul du degré alcoolique

Suite à un petit thread sur Barnova, j’ai pu m’apercevoir que les cours de mathématiques remontaient à très longtemps pour certains, et qu’un petit rappel s’avérait nécessaire en matière de pourcentages et de moyennes. Je me suis dit que ça pouvait intéresser certainement nos lecteurs, en tout cas ceux pour qui mathématiques riment avec torture scolaire. Il n’y a pourtant rien de plus simple que de calculer le titre d’un cocktail. Il suffit de maîtriser le concept de moyennes pondérées. Attention certains mélanges proposés ci-dessous ne servent qu’à titre d’exemple, et ne sont pas homologués par CocktailMolotov.

Vous répondrez ainsi à la question « Ce daïquiri est-il imbuvable ? »

Premier exemple

Prenons un exemple assez simple : je verse 4 cl de whisky à 40° dans un verre, puis 4 cl de Coca (à 0°). La boisson résultante titrera de manière évidente à 20°, puisque j’ai autant de whisky que de Coca. En effet, seul le whisky apporte de l’alcool à mon mélange, la quantité d’alcool reste la même, alors que le volume double : le titre est divisé par deux.

Deuxième exemple

Cette fois-ci vous êtes aventureux, et au lieu de vous faire un petit Whisky-Coca moitié-moitié, vous vous servez 4 cl de rye whiskey (40°) et 4 cl de vermouth doux (15°). Le « diluant » est maintenant lui aussi alcoolisé. Ce nouveau mélange titre maintenant (40+15)/2 = 27,5°. Les deux ingrédients sont introduits à parts égales, une moyenne toute bête nous donne le degré alcoolique de la boisson.

Troisième exemple

Admettons que vous ayez lu quelque part une recette d’un cocktail appelé « Manhattan« ,  vous savez très bien qu’il faut 6 cl de rye pour 3 cl de vermouth doux, au lieu de 4 et 4. Et c’est là que les choses se compliquent. Le rye étant en plus grande proportion que le vermouth, son degré va prédominer sur celui du vermouth. Dans quelle mesure ? Là encore un peu de calcul va nous donner la solution : (6×40 + 3×15)/(6+3) = 32°.

Quatrième exemple

Enfin, encore plus difficile, avec cette fois-ci le Burlington. 6 cl de rye (40°), 2,5 cl de Punt e Mes (16°), 1,5 cl de sirop d’érable au sel fumé (0°). Ce qui donne comme degré général pour le cocktail : (6×40 + 2,5 x 16 + 1,5 x 0)/(6 + 2,5 + 1,5) = 28°. Sauf que ça c’est au moment d’ajouter les ingrédients dans le verre à mélange. Puis on ajoute la glace et donc, de l’eau ! Environ 30 % d’eau est ajoutée par rapport au volume initial. Le volume final n’est donc plus 10 cl, mais 13. Soit un degré alcoolique de (6 x 40 + 2,5 x 16 + 1,5 x 0)/[(6 + 2,5 + 1,5) x 1,3) = 22°. On voit que l’eau joue un rôle majeur dans les cocktails, à la fois pour la température (ça sera l’objet d’un autre post) et pour la dilution, deux critères essentiels dans la perception du goût d’un cocktail.

Explication

Le degré alcoolique est un pourcentage : il indique le rapport entre le volume d’alcool et le volume total de liquide à 20°C (car les volumes peuvent changer selon la température, mais ça aussi ce sera l’objet d’un autre article). Par exemple dans un litre de gin à 40°, il y a 1 L x 40% = 40 cl d’éthanol pur (le nom scientifique de l’alcool présent dans les spiritueux). Si je rajoute 1 L d’eau, le volume d’alcool est le même, car il n’y a pas d’alcool dans l’eau (à ma connaissance), en revanche le volume de liquide total est maintenant de 2 L. Le degré alcoolique est alors 40 cl / 2 L = 20 % !

Donc dans les petites formules précédentes, en multipliant le titre du rye par son volume, j’obtiens la quantité d’alcool de ma dose de rye. En ajoutant la quantité d’alcool contenue dans le vermouth, j’ai la quantité d’alcool totale. Je divise alors par la somme des volumes (que j’ai augmentée de 30% pour cause de dilution), et pouf ! voilà le nouveau titre alcoométrique volumique de mon cocktail. Easy non ?

Généralisation

Les exemples c’est bien, mais une formule qui marche à tous les coups, c’est encore mieux.

On note :

N le nombre d’ingrédients du cocktail en question.

v_i le volume de l’ingrédient i.

t_i le degré alcoolique de l’ingrédient i.

T le degré alcoolique final du cocktail.

D Le taux de dilution lié à la glace fondue.

On obtient donc la formule assez simple pour trouver le degré alcoolique :

T = \frac{\sum\limits_{i=1}^N v_i \cdotp t_i}{(1+D) \cdotp \sum\limits_{i=1}^N v_i}

Comme vous voyez le cocktail c’est souvent un peu embêtant, mais on peut toujours trouver le moyen de s’amuser !

Blague à part, pour les grosses feignasses, je mets à disposition une fiche Excel en libre téléchargement, dans laquelle vous n’avez qu’à rentrer votre ingrédient, son degré et le volume qu’il y a dans le cocktail. S’il vous demande un mot de passe, mettez que vous souhaitez l’ouvrir en « Lecture seule ». Je l’ai programmé automatiquement pour une dilution de 30 % (ce qui devrait vous donner un degré maximum de votre cocktail, la dilution pouvant aller jusqu’à 40 ou 50 % selon la qualité de votre glace).

Calcul du degré alcoolique d’un cocktail

Pour ceux qui n’arrivent pas à ouvrir ce format, je vous propose un Google SpreadSheet. Il est bien entendu en lecture seule, pour pas que des petits malins le changent et que les suivants ne retrouvent plus le bon fichier. Il vous faudra donc faire votre propre copie du produit.

Ci-dessous une capture d’écran de la fiche Excel :

Screenshot feuille excel degré alcoolique

 

Le monde (autour) du whisky

Le whisky fait vivre des centaines de milliers voire des millions de personnes à travers le globe, il ne se passe pas une année sans qu’un magazine s’accapare du sujet et annonce son renouveau, renouveau de quoi d’ailleurs ? Le whisky est bien souvent emblématique d’une certaine virilité (ce que je désapprouve), cliché éprouvé pourtant…

Tenons-nous en aux single malts pour cet article, celui que personne ne boit (2% à 5% des ventes totales de whisky) mais dont on parle tout le temps. A ce propos, allez faire un tour sur Slate pour lire les articles de Christine Lambert, 1 par semaine, le jeudi, ça ne va pas vous tuer…

Le single malt, un problème de riches ?

Alors que les prix des single malts, produit qui ne représente qu’un très faible pourcentage -certes en croissance- par rapport aux autres catégories de whisky, s’envolent, les ventes ne s’arrêtent pas d’augmenter d’année en année.

Cela fait un long moment qu’on l’entend dans les cercles d’amateurs de whisky. Véritable opportunité pour certains, dram(e) -Oh Oh Oh [WhiskyGeek] – pour d’autres, le whisky ne cesse de faire parler le peuple ou plutôt ceux qui ont eu la chance (malchance ?) de croiser sa route à un moment dans leur vie.

Quoi de mieux que de discuter de ça après avoir publié un article sur l’excellent Iconic Whisky, le guide à posséder … Non je ne touche pas d’argent pour en parler, les auteurs en touchent déjà assez peu pour l’avoir écrit !

Les catégories de buveurs

Que les choses soient claires, je ne dealerai pas avec ceux qui boivent pour s’enivrer et finir en B-O (langage d’école de Co). Pas que le sujet ne m’intéresse pas, mais il est juste trop long à tacler et hors sujet !

fireball-gopro

Jean-kevin le hipster devrait rester à l’eau du robinet

 

Bref,

Tu vois Tuco

clint-eastwood-bourbon

Dégage Clint, t’es hors sujet avec ton bourbon !

 

On attaque avec les « non-buveurs« , à ceux là je leur dis : Fuyez pauvres fous ! Placez tout dans le granite breton !

Les vrais amateurs

Dédicace à mon pote Victor ! « En sortant de la boutique, je n’attends pas d’arriver chez moi, j’ouvre la bouteille dans la rue, juste pour sentir le malt ». #MainQuiTremble #DrugAddict. Ceux là sont foutus, peu importe leur salaire, il leur restera très peu à partir du 5 du mois pour se nourrir jusqu’au prochain salaire !

Pas grand chose à dire si ce n’est « Continuez les gars, achetez les bouteilles avant ceux qui les revendent sur ebay ! ». En plus de cela vous ferez plaisir aux fonds de pension canadiens des retraites, aux p’tits vieux qui n’ont rien d’autre à br*nler que de placer leur fric en actions plutôt que de faire vivre des petits producteurs de whisky français… GRRRR§§§§

Les « c’était mieux avant »

Cet article leur mettra un vrai coup de poignard au cœur, eux qui avaient essayé d’oublier qu’en effet, c’était mieux avant !

Définissons/ez tout de même le « Avant »; L’âge d’Or du single malt est situé entre 2000 et 2010 (pour étendre la période), à cette époque là, des trucs d’exception qui valent maintenant entre 2000 et 5000€ la bouteille, on en buvait à la choppe de bière ! J’exagère mais tablez sur un x2 à x100 (Karuizawa 😉 ) en l’espace de 10 ans.

Bon, quand j’ai attaqué le whisky, en 2006, encore étudiant, j’étais sans le sou… Bon aujourd’hui c’est toujours le cas, mais pour d’autres raisons !

D’ailleurs je retournerais bien dans le passé prévenir mon moi de 2006…

achete-tout-whisky

T’aimes le whisky ? ACHETE TOUT §§§§§§§

 

Les collectionneurs qui boivent

Ceux qui ont déjà contacté leur chirurgien pour une greffe de foie en 2025. La plupart des bouteilles de leur collection sont ouvertes, donc inrevendables (si ce n’est en échantillons), pas d’argent pour payer le chirurgien… Tout comme ceux de la catégorie d’après, leur motto  est « Après celle-ci j’arrête ».

Les collectionneurs qui ne boivent pas (et qui ont en stock de quoi faire exploser tout un quartier de Paris)

Considérant chaque goutte comme l’urine (?) du Christ -désolé, le sang c’est déjà pris les gars-, ceux-ci savourent leur « dram » hebdomadaire. Amateurs éclairés sur ce qui est bon et qui ne l’est pas -ce qui reste subjectif-, sur ce qui a un bon rapport Q/P. Ils voient leur stock comme des assets -PhD de finance les gars- et se disent qu’ils légueront ça à leur bambins, le revendront en cas de coup dur ou vivront assez pour tout boire (environ 250 ans en buvant une bouteille par jour…).

Les traders ou assimilés

Qui n’y connaissent rien, comme ceux qui s’achètent une rolex parce que c’est cher. Ceux-là se servent de leur argent pour frimer auprès de leur entourage. Acheter un gros Macallan à 800€ parce que c’est ce que boit James Bond dans Skyfall par exemple (bon celui du film est plus proche des 80000€). Après tout, il faut bien trouver un moyen de dépenser l’argent qu’on gagne !

Les jeunes br*nleurs

Ceux pour qui la mention d’age sur un whisky est quelque chose qu’ils n’ont jamais connu. Ces jeunes br*nleurs insouciants ont la chance de ne pas avoir connu le « c’était mieux avant », ils se délectent sur un Hibiki Japanese Harmony ou sur un Laphroaig Select, grand bien leur fasse. Le mieux que je puisse leur conseiller, avant d’acheter des 12 ans japonais à 120€, c’est d’aller voir à quoi ils ont accès dans d’autres catégories de spiritueux pour la même somme…

Ceux qu’en parlent le plus mais qu’en boivent le moins

Sur les forums dédiés, à débattre du meilleur Bunnahabhain  (à prononcer bouna-ahveine pour ne pas risquer la potence, un samedi en public à la boutique d’Anjou, comprendra qui pourra) vieilli en fut de Jerez qu’ils ont bu. Cela donne du « J’avais gouté en 2012, un Ardbeg Sherry de 1976, cask 83, un dark sherry de folie, un rancio très fin, bien plus que Glendronach qui pourtant se défend bien sur la couleur. Ajout de caramel ? ». Un coup à vous filer une migraine en moins de 20 minutes.

Les Allemands

Désolé à nos amis teutons, si vous utilisez google trad, je ne m’adresse qu’aux fils de lâches qui achètent pour revendre sur eBay -avec un bon x3 à x20- avant même d’avoir reçu la marchandise… Il se trouve que c’est une majorité d’allemands qui font ça… Probablement parce que le marché est plus important qu’en France ?

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Dans quelle catégorie te situes-tu gringo ? Crédits Serge V.

 

Les climato-sceptiques: Lorsqu’on leur annonce que les prix augmentent parce que le vieux whisky se raréfie. C’est un sujet trop compliqué pour être abordé dans cet article. C’est vrai quand on y pense, l’intéret pour le single malt explose, les grands groupes, qui détiennent la plupart des distilleries y voient une occasion en or d’augmenter les prix en prétextant la raréfaction du vieux malt. A nouveau, certains réussiront à en profiter, d’autres se tourneront vers des bouteilles/spiritueux plus accessibles.

 

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On aimerait qu’il ait tort…
Crédits S. Valentin

 

Mic out.

 

Revue d’Iconic Whisky, un livre d’ A. Vingtier et de C.Mald

Iconic Whisky, nouveau livre sur ce spiritueux de céréales vieux de plusieurs siècles et produit sur plusieurs continents, co-écrit par Alexandre Vingtier et Cyrille Mald. Cet ouvrage apporte une pierre neuve à l’édifice, en rendant accès à un certain nombre d’outils à l’amateur  – dépoussiérés et/ou novateurs- qui viendront lui simplifier la vie dans sa quête de découverte de saveurs. Empruntant un chemin entre guide d’achat et guide des saveurs, l’oeuvre se permet de mettre sur les bons rails, à l’aide de chapitres bienvenus, les plus débutants comme les plus éclairés d’entre nous ayant appris sur le tas. Plus qu’une encyclopédie, un livre de référence à caler entre deux belles bouteilles, le tout, à portée de main.

Le génie d’Iconic Whisky

Comment aborder un potentiel nouveau centre d’intérêt ? Cette question, nous nous la sommes tous posée… Chacun a sa technique, je fais partie de ceux qui éclusent le net à la recherche d’informations, qu’il faut ensuite vérifier, recouper, ranger dans un certain ordre… Cela représente un temps considérable, sans même nous rassurer quant à la qualité de la démarche utilisée… « Suis-je sur le bon site pour ce sujet ? Qu’est-ce qui me prouve que l’auteur dit des choses justes ? »

C’est pour ces raisons que CocktailMolotov va passer en revue de plus en plus de livres, qui valent la peine, ou non, d’être achetés et lus. Ces livres vous permettront de développer ou d’approfondir vos connaissances dans un domaine. Vous serez pas la suite plus à même de séparer le bon grain de l’ivraie -Et le prix 2016 du meilleur placement d’expression dans un article revient à… COCKTAIL MOLOTOV !!! »-

Iconic Whisky Single Malts & More de C. Mald & A. Vingtier aux éditions de la martinière, 24,90€.

La préface de Serge Valentin résume en 6 phrases le génie d’ Iconic Whisky. Ce livre incarne une prise de risque salutaire , de la part de ses auteurs, qui s’illustre en prenant à contre-pied les sempiternels livres qui se suivent et se ressemblent. Si Iconic Whisky ne prétend pas balayer d’un revers de manche les écrits jusque là, il se permet de relancer une machine qui devenait de plus en plus austère d’année en année sur le plan littéraire. Le whisky « subit » une transition et se cherche sur le plan gustatif. Un opus incontournable pour démarrer ou approfondir ses connaissances sur le whisky de la bonne façon.

De l’information, juste ce qu’il faut.

Si le livre se doit de commencer quelque part, il prend la peine de différencier le whisky des autres spiritueux sans toutefois s’attarder sur des aspects trop ésotériques qui pourraient en noyer plus d’un. On commencera donc par découvrir les différents pays producteurs de whisky, avec les spécificités de leurs labels et de leurs réglementations respectives. Des Single Grain écossais aux Tennessee Whisky américains, en passant par les Grain Irish Whiskeys irlandais,  il n’y a pas de laissé pour compte; De quoi découvrir en quelques pages la grande diversité des types de whiskies. L’ouvrage continue son numéro d’équilibriste entre concision et exhaustivité en nous présentant les composants du nectar : les céréales, les levures, la tourbe, sans oublier l’eau – il en faut bien un peu, parfois !

Jolies illustrations des procédés de fabrication

Jolies illustrations des procédés de fabrication

Les néophytes pourront ensuite étancher leur curiosité avec une présentation très pédagogique des procédés de fabrication, de la germination des grains à leur séchage – qui confère ce fameux goût fumé lorsqu’il est effectué avec de la tourbe –, à la fermentation puis la distillation. Enfin, les auteurs n’oublient pas d’explorer la maturation. Si les descriptions illustrées de chaque type de fût et de leur contenance risquent de perdre les lecteurs les moins confirmés – il en faut pour tout le monde –, ceux-ci pourront toutefois découvrir en quoi l’utilisation de fûts de Porto, Sauternes, Cognac ou Sherry va influencer les arômes. Et les auteurs reviendront bien rapidement à eux en leur proposant une véritable méthode de dégustation professionnelle. Un indice : le cul-sec n’est pas recommandé !

Au-delà de son style d’écriture, la force du livre réside en effet dans son universalité : débutants comme experts pourront piocher les différentes informations qu’ils recherchent sur chaque thématique, et approfondir selon leur désir.

-Okay, mais encore ?

Des outils et une ergonomie bien pensés au service de l’amateur

Certains d’entre-nous ont oublié à quoi servait une roue des arômes, qui est pourtant très utile dans bien des cas.

Roue des arômes archi complète

Roue des arômes archi complète

Celle usitée au possible que l’on trouve sur le net a commencé le travail… Celle ci-dessus d’Iconic Whisky pousse l’exercice à un autre niveau… Ce n’est pas assez pour vous ?

Tableau FF comme... Fruits Frais !

Tableau FF comme… Fruits Frais !

Un tableau, reprenant avec exhaustivité les arômes.

Ça ne sera peut-être pas ce dans quoi vous plongerez votre nez… Par contre, l’astucieux rappel de la compréhension des outils, situé en couverture du livre, sera salutaire lorsque vous attaquerez les fiches sur plusieurs centaines de distilleries.

Autre élément salutaire, la proposition d’une nouvelle échelle de notation, bien plus claire que le système utilisé actuellement. Attention, n’oublions pas qu’Iconic Whisky référence les « 1000 whiskies incontournables du monde », par conséquent, lorsque les auteurs mettent « 1 » à un whisky, ne vous attendez pas à un débouche-évier, mais bien à un whisky bien fait pour son prix sans grande complexité, par exemple.

Un astucieux guide d’achat

D’ailleurs, la seconde partie du livre, la plus imposante avec une présentation de 1000 whiskies, n’est à l’évidence pas à concevoir comme un roman, mais comme une véritable encyclopédie pédagogique. Après avoir montré une carte des distilleries de chaque région, les descriptions s’attacheront à montrer succinctement les profils aromatiques des différentes bouteilles explorées, avec une grille de dégustation en triptyque « Nez / Bouche / Finale ». Tout à fait idéal pour se renseigner sur une bouteille précise, découvrir la sélection d’une distillerie, approfondir ses connaissances sur une région, ou simplement chercher une bonne idée de cadeau.

Fiche d'une distillerie et de ses produits

Fiche d’une distillerie et de ses produits

Fidèle à son titre, Iconic Whisky est donc bien la plus emblématique des références sur ce spiritueux. Le whisky déchaîne les passions, et à l’heure d’une profonde transformation de l’industrie, couplée à une spéculation sur les prix qui ferait rougir le monde des produits financiers dérivés, il offre une sérénité essentielle pour des choix éclairés. Ou, inversement, générer de terribles pulsions d’achat … À lire sans modération !

Article co-écrit avec Aloïs Gille