Changement de législation sur la Piña Colada

Coup de théâtre ! Jamais on avait vu l’Assemblée statuer sur un sujet aussi important aussi près du changement de legislature !
Et pourtant, à partir du 21 juin 2017, il sera impossible de servir une Piña Colada sans le fameux « banana dolphin garnish », que nous réprouvons depuis des années chez CocktailMolotov. En effet, le texte de loi, voté à 2h du matin, en douce, comme par hasard, stipule très clairement : « est appelé Piña Colada, un cocktail, composé de jus d’ananas à base de jus concentré, de lait de coco en brique premier prix, et de rhum, agricole ou industriel (à l’appréciation du barman), le tout agrémenté d’une décoration, appelée « garnish » représentant un dauphin taillé dans une banane ». Ce qui laisse peu de place à l’interprétation : Piña Colada = Garnish Dauphin ! Ou alors il faut lui trouver un autre nom.

L'infâme garnish

L’infâme garnish

Les contrevenants s’exposent à une amende de 1 500 € et une saisie de leur machine à glaçons pendant 15 jours.
D’ores et déjà certains organisent la résistance. Sous couvert d’anonymat, un barman nous confiait qu’il allait bientôt mettre à la carte un « Freedom Colada », comme quand les Américains servaient des Freedom Fries à la place des French Fries : il s’agira tout simplement d’une Piña Colada, sans le (in)famous garnish ! Un autre nous confiait « ils peuvent se le foutre au c** leur garnish ! » C’est dire si le sujet déchaîne les passions.

Chez CocktailMolotov, nous avons l’impression que l’affaire n’est pas terminée, nous la suivons de près et nous vous tiendrons au courant de chaque rebondissement.

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CocktailMolotov : l’application

CocktailMolotov lance une web application pour vous aider à préparer vos soirées cocktails.

Comme je vous l’avais annoncé en début d’année, j’ai décidé que 2017 serait l’année où je mettrai mes compétences informatiques au service du cocktail.
J’ai donc commencé par créer une web app (je reviendrai sur ce choix un peu plus loin) qui vous permet de calculer combien il vous faut de bouteilles pour préparer votre soirée cocktail.
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Calculer le taux de sucre d’un spiritueux à partir d’un densimètre

TL;DR : Suite à notre article sur le sucre dans le rhum, nous revenons sur la méthode scientifique qui a permis de mettre en évidence cette présence de sucre, et d’en estimer les concentrations. Les considérations générales de cet article sont issues de mes connaissances de prépa, qui commencent à dater, je fais confiance à nos lecteurs les plus pointus pour les corriger s’il le fallait. Les détails relatif à l’estimation du taux de sucre dans les spiritueux sont en grande partie inspirés de cet article en anglais par Johnny Drejer

Mesurer le taux d’alcool

Avant de nous poser la question du taux du sucre, nous allons commencer par poser celle du taux d’alcool. Nous verrons ensuite comment cela est relié à la question du taux de sucre.

En général, le plus simple est de faire confiance à l’étiquetage. Quand on n’y a pas accès (alcool maison, ou quand justement on veut vérifier l’étiquetage), on peut utiliser un densimètre, c’est un appareil très simple d’utilisation, dont le fonctionnement repose sur le principe d’Archimède.

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Vous prendrez bien un peu sucre dans votre rhum ?

TL;DR : Dans certains pays l’adjonction de sucre dans le rhum est interdite légalement (Jamaïque, Barbade, AOC Martinique par exemple). Ce n’est pas forcément le cas ailleurs, et certains s’en donnent à cœur joie (en Amérique du Sud notamment). Des producteurs comme Alexandre Gabriel pour ne citer que lui assument la pratique. Pour d’autres c’est un secret jalousement gardé. CocktailMolotov souhaite tout simplement plus de transparence pour le consommateur.

Le sucre ne survit pas à la distillation

Des tas de choses passent l’étape de la distillation : de l’éthanol bien sûr, de l’eau aussi, des esters (des molécules odorantes), des fusels (de la famille des alcools), mais s’il y a bien une chose qui n’y survit pas, c’est le sucre ! Et c’est vrai pour tous les spiritueux, même pour le rhum, qui est fait à base de … canne à sucre.

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Whisky Live 2016

Disclaimer : j’ai été (micro-)actionnaire du Syndicat pendant 2 ans.

Si vous ne laissez pas Cocktail Molotov passer par la porte, ils entrent par la fenêtre. Cette chronique n’a bien failli pas voir le jour, à cause d’une demande d’accréditation trop tardive, mais votre serviteur a plus d’un tour dans son sac.

Bref, après moult péripéties, nous voilà à l’intérieur de la Cité de la mode et du design. Je fais d’abord un tour général du sous-sol (la Cocktail Street, au bord de la Seine) au plafond (l’espace dégustation).

Je décide de consacrer la première partie de mon temps à l’espace dédié au whisky – plutôt smart le gars quand on y pense, puisqu’on est au Whisky Live … Je vais même me consacrer aux whiskies « exotiques ». Attiré, je l’avoue, par le nom et le packaging, je m’approche du stand de The Lost Distillery Company : à partir de différents documents d’époque, ils essaient de recréer les whiskies de distilleries qui ont fermé au cours des derniers siècles. Si la démarche est intellectuellement très intéressante et les whiskies plus que décents, je dois confesser qu’aucun ne m’a laissé un souvenir impérissable.

The Lost Distillery Company

The Lost Distillery Compagy

On enchaîne avec Amrut, whisky indien dont j’ai entendu le plus grand bien. Et les rumeurs étaient fondées, puisque même le Amrut Indian Single Malt, l’entrée de gamme (à 48€ tout de même) me fait une forte impression. Il n’a que 4 ans, mais il fait plus vieux que son âge, et a une texture vraiment incroyable. Je vais d’ailleurs me renseigner un peu plus sur ces whiskies qui vieillissent dans des conditions de température élevée. Mon hôte m’indique qu’ils ont trompé des tas d’experts en blind tasting.

Toute la gamme Amrut

Toute la gamme Amrut

Pas très loin se trouve le stand de Hellyers Road, un whisky qui vient vraiment de l’autre bout du monde, puisqu’il nous arrive tout droit de Tasmanie. Ils ont tout ce qu’il faut là-bas pour faire du whisky : orge, distillerie, et même du vin qui fournit des fûts pour le vieillissement ! On recommande leur Roaring Forty.

Pas le temps de niaiser, on continue avec Lagavulin, où le truculent Mr Hutchins nous régale en décrivant leur édition vieillie 16 ans avec passage en fût de Pedro ximénez comme « le mariage de Monica Belluci et Vincent Cassel ». J’ajouterais « avec un meilleur finish » !

Mais la folle matinée n’est toujours pas terminée, et on profite d’une queue raccourcie 😉 pour tester la Golden Promise. Mais qu’est ce qui se cache dans ce mystérieux cube ? Il s’agit en fait d’un teasing parfaitement organisé pour le bar qu’ouvrira La Maison Du Whisky d’ici la fin de l’année. A l’entrée, une petite roulette décide de ce que l’on va goûter : pour nous ça sera du Caroni à même le fût. Oublié sous les tropiques, ce fût a vieilli dans des conditions telles que l’eau s’est évaporée plus vite que l’alcool (une sorte de part des anges inversée). Mis en fût à 64°, le rhum en ressort à 68°. Chez CocktailMolotov nous enquêtons sur les conditions de pression, température et humidité qui permettent un tel miracle ! Il sera possible de déguster à même le fût dans le bar, et c’est une idée assez originale pour être soulignée.

Le fameux fût de Caroni

Le fameux fût de Caroni

Enfin pour en finir avec les whiskies, on fait un détour par la Bavière avec Slyrs, un whisky allemand. La distillerie n’est pas très loin de Berchtesgaden où j’avais visité les mines de sel avec ma classe de quatrième Allemand LV2. Comment ça vous en avez rien à foutre ? Sinon le whisky est bon, j’ai goûté leur version vieillie en fût de Pedro ximénez (pour comparer avec Laga, malinx le lynx !).

Pour la pause déjeuner, je décide d’aller au 3e sous-sol, au bord de la Seine, à la Cocktail Street. J’ai été assez déçu, plusieurs stands étaient fermés (après l’euphorie du week-end certainement), plus de marques que de bars à cocktail, et je n’ai pas été inspiré par le mélange qui m’a été servi au stand Jura à base de Prophecy. Mention tout de même à la gaufre au saumon que j’ai mangé et au cookie au chocolat fumé.

Le stand Jura dans la Cocktail street

Le stand Jura dans la Cocktail street

En remontant à l’espace dégustation je croise Romain le Mouellic, du Syndicat, et bientôt de la Commune aussi, qui était là en préparation de son voyage aux Antilles pour la carte de son nouveau bar. Je l’accompagne donc dans ses dégustations de rhum. Mon palais commençant à saturer, mes comptes-tendus ne font pas honneur à ceux que j’ai dégusté. J’ai tout de même appris que Bally est un précurseur du vieillissement du rhum aux Antilles.

J’ajouterai que j’ai trouvé que Romain a souvent été accueilli assez fraîchement sur certains stands quand il a dit qu’il allait passer à la distillerie, contrairement à l’accueil qui lui avait été réservé sur les stands de Cognac quand il avait ouvert le Syndicat.

Ainsi s’achève le Whisky Live 2016 en ce qui concerne CocktailMolotov !