Une bouteille de ginger beer, du gingembre, et des mains qui mettent une rondelle de citron vert sur un verre

Recette facile de la ginger beer maison

Faire une ginger beer maison demande un peu plus de travail qu’une simple ginger ale. Il faut d’abord élever un ginger bug, ce qui prend quelques jours. Mais le jeu en vaut la chandelle : la richesse en saveurs est sans commune mesure avec celle de la ginger ale.

Histoire et recette de la ginger beer

L’autre jour, je vous apprenais comment faire un sirop de gingembre. Allongé d’un peu d’eau gazeuse, on peut faire passer ça pour une gentille ginger ale, type Canada Dry. Mais chez CocktailMolotov, on aime bien aller au fond des choses et passer au next level. Voici donc la ginger beer maison ! La ginger beer, c’est pas pour les petits joueurs, c’est pas du sirop pour les petites filles, c’est de la bière, de la vraie. Oui, il y aura de l’alcool dans votre ginger beer, pas grand chose, mais il y en aura un peu quand même.

Origines et recette ancestrale de cette boisson

J’ai fait quelques recherches rapides, et j’ai trouvé deux origines à la ginger beer : la Jamaïque et l’Angleterre. Ce qui est sûr, c’est que le produit est devenu populaire en Angleterre au 18e siècle. On en donnait aux enfants, étant donné le faible degré en alcool, quasi nul. Le principe est assez simple : on laissait macérer dans de l’eau, du gingembre, du sucre, d’autres épices et une SCOBY (symbiote bactérie-levure) qui transforme le sucre en alcool. Ce symbiote appelé ginger beer plant est formé de la levure Saccharomyces florentinus et de la bactérie Lactobacillus hilgardii -on en sait des choses chez CocktailMolotov. Ce n’est pas facile à trouver, on peut en acheter sur internet en fouinant dans les coins.

On peut cependant élever chez soi un symbiote équivalent, le ginger bug. Bien sûr, CocktailMolotov a testé (et approuvé) pour vous une recette facile de ginger bug maison.

Mais pour les grosses flemmasses, on peut tout simplement prendre de la bonne vieille levure de boulanger. Alors attention, j’en vois déjà qui sortent leur levure chimique. FAUX ! On parle de levure ici, de la vraie, la petite bébête qui consomme du sucre et le transforme en éthanol et en CO2, pas d’un mélange de bicarbonate de sodium et d’acide tartrique -ce blog devient trop biologie-chimie, je me casse.

Levure chimique vs levure de boulanger
Utilisez de la levure de boulanger et surtout pas de la levure chimique.
Une bouteille de ginger beer, du gingembre, et des mains qui mettent une rondelle de citron vert sur un verre

Ginger beer maison

Molotov Gourmet
5 de 1 vote
Temps de préparation 10 min
Temps de repos 1 d
Type de plat Drinks

Ingrédients
  

  • 150 g gingembre
  • 100 g sucre
  • 1 L eau
  • 2 cl jus de citron vert
  • 2 c. à soupe ginger bug
  • genièvre, girofle etc. optionnel

Instructions
 

  • Commencez par hacher finement le gingembre, l’idéal étant de le râper même si c’est assez fastidieux.
  • Versez tout ça dans une bouteille en plastique. Versez aussi les 150 g de sucre, l’eau, le citron vert et la levure. Si vous avez aussi d’autres épices à ajouter, c’est le moment.
  • Fermez bien votre bouteille pour que le CO2 ne s’échappe pas. Agitez la bouteille pour « activer » la levure, et laissez-la dans un coin à température ambiante.
  • De temps en temps agitez votre bouteille. Laissez faire les petites bébêtes qui sont dans votre bouteille (vous allez voir d’ailleurs qu’elles se multiplient, vous aurez un dépôt de levure au fond).
  • Appuyez sur le plastique. Si ça devient dur de l’enfoncer à cause de tout le CO2, votre ginger beer est prête !
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Ça prend en général entre 24 et 48h d’après ce que j’ai lu sur Internet, mais avec les fortes chaleurs qu’il a fait ces derniers temps, la mienne a mis seulement 12h.

Une fois que la ginger beer est prête, mettez-la au frigo, le froid stoppe l’action des levures. Quand la bouteille est bien fraîche, versez-la tout doucement en la filtrant (il doit y avoir pas mal de trucs qui flottent dedans je suppose) dans un autre contenant pour ne pas avoir la levure dans votre bouteille finale. Il paraît que ça ne risque rien de la boire, mais bon, je ne préfère pas tenter, et puis ça doit aussi certainement altérer le goût. (Edit du 28 janvier 2020 : il y a maintenant une mode de la fermentation. Les produits fermentés sont maintenant recherchés parce qu’ils contiennent levures et bactéries. Ce sont des probiotiques naturels qui aideraient à digérer. CocktailMolotov est sur le coup, mais on reste sceptiques.)

Votre ginger beer est prête à consommer maintenant. Je vous conseille dans un premier temps de la consommer nature, bien fraîche. Ainsi vous pourrez apprécier pleinement le fruit de votre labeur et de votre attente. Et après, tout simplement dans un Dark’n’Stormy, nom savant du rhum – ginger beer.

Explications de la réaction chimique lors de la réalisation de la ginger beer

Je fais d’ailleurs une petite parenthèse sur les levures : il s’agit d’organismes vivants qui ont deux « modes de fonctionnement ». Aérobie, quand elles sont à l’air libre, elles consomment l’oxygène qui est dans l’air et du glucose. Elles donnent alors du CO2 et du H2O (du gaz carbonique et de l’eau). C’est la même réaction chimique que celle produite par notre respiration (la réaction inverse de la photosynthèse pour votre culture). Et un mode anaérobie, quand elles sont privées d’oxygène. Elles consomment seulement le glucose pour donner du CO2 encore, et de l’éthanol.

C’est le deuxième mode qui nous intéresse (et pour cause il produit de l’éthanol !). En effet, dans ce cas là, l’alcool (l’éthanol, c’est l’alcool de base, celui qui est dans tous les spiritueux, les autres alcools étant impropres à la consommation) et le CO2 sont piégés dans le produit final. Le CO2 donne des bulles dans la bière et une mie bien alvéolée dans le pain. Je vois les plus malins se poser la question : si le CO2 est piégé dans le pain, alors l’éthanol aussi. Pourtant, même après un sandwich baguette, je peux prendre le volant ! Très bonne remarque, l’alcool s’évapore tout simplement lors de la cuisson du pain.

Levures : mode aérobie vs mode anaérobie
Qu’est-ce que je suis calé … ah non, merci Wikipedia en fait.

Parenthèse refermée, vous pouvez maintenant comprendre la transformation qui va se passer dans la bouteille de votre mélange.

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