Brexit Cocktail

Si vous aussi vous avez suivi avec assiduité le feuilleton Brexit, qui ne prendra effet que dans un futur plus ou moins lointain… Si votre bouche était ouverte et que votre langue pendait, vous, absorbé complètement devant nos géniales chaînes d’information; Vous avez dû progressivement vous dessécher, oubliant probablement de vous hydrater. Heureusement nous sommes là pour ça ! Ce cocktail rend hommage à la puissance de l’Europe en ce qui concerne les spiritueux, liqueurs et autres scènes cocktails. Parce que pas besoin d’aller à Londres pour boire des bons cocktails, parce que du bon gin, il y en a dans toute l’Europe !

Le Brexit Cocktail, un cocktail délicieux fait pour rendre des comptes

Il y a cependant une fin heureuse qui montre que l’on peut travailler ensemble main dans la main… Elle est cependant d’ordre éthylique et non politique !

Cet article n’est pas là pour parler de politique, mais tout de même, quand on sait que les requêtes google provenant de UK telles que « Qu’est-ce que l’UE ? » ou encore « Que va-t-il se passer si l’on quitte l’UE ? » ont explosé après le vote…

Oh Mon Dieu ?

L’objectif n’est toutefois pas de tenter de prouver que les anglais sont plus bêtes que nous, les américains nous dominent tous à ce petit jeu ! #EasyUSBashing

Parlons du cocktail donc.

L’art et la manière de ségréguer éthyliquement

Ça commence par un fond de gin London dry, bien dry -le ressenti actuel outre-manche-. Le gin est là pour apporter de la structure, manque de pot, la structure en ce moment se casse la gueule.

Ne t’en fais pas, après quelques verres, tout ira mieux !

Le « trick » du cocktail est de faire attention à mélanger tous les ingrédients ensemble sauf le gin anglais. Non je plaisante, en cocktail, ce n’est pas possible.

On espère pouvoir faire ce cocktail avec du scotch whisky très prochainement 😉 #GoScotland

A réaliser à la cuillère pas au shaker bien entendu 😉

Un rinçage de verre à l’aide de l’absinthe « L’entêté » de Combier, dédicace à tous ces partisans du « Leave »

Absinthe interdite à cause des lobbies en créant de fausses études scientifiques pour persuader les gens que ce spiritueux rendait fou… C’était il y a 101 ans en France messieurs dames.

On part donc sur une base de Diplomat Cocktailvous savez « Diplomatie » ce mot mourant. #Poutine

Alors qu’a-t-on en stock ?

On va partir sur une grosse part de Vermouth de Chambéry Blanc, comme la couleur des votes que l’on ne comptabilise pas, de peur d’être encore plus ridicule. #Politichiens

On enchaîne sur un vermouth de nos amis espagnols, récemment trop frileux pour voter le changement, Yzaguirre Roja, si je savais lire l’Espagnol, je vous dirais que la description de ce vermouth dans le livre de F. Monti, intitulé El Gran Libro del Vermouth, est très flatteuse… (courrez acheter le livre, vous qui avez fait LV2 Espagnol)

On enchaîne avec le Maraschino, liqueur italienne qui fait appel à des cerises de Croatie… Quand je vous disais que l’Europe c’est du travail d’équipe…

NB: Pour cet article j’hésitais à utiliser du Gin de Drouin, excellent gin français, pour montrer qu’on « les » a déjà oublié,mais n’enfonçons pas le couteau dans la plaie, le gin est déjà noyé par nos merveilleux alcools européens.

Tout ça va bien goûter le sucre comme on dit chez nous, on va donc ajouter une pointe d’acidité, on laisse l’amertume aux londoniens.

haha-nelson

A allonger d’eau gazeuse pour en faire une boisson rafraîchissante à siroter tout l’été devant BFMTV.

Brexit Cocktail

Brexit Cocktail
Brexit Cocktail
Un cocktail rafraîchissant pour suivre le feuilleton de l'été
Ingredients:
  • 3 cl de vermouth Blanc de Chambery
  • 1 cl de vermouth rouge espagnol
  • 0,5 cl de maraschino
  • 1 rinçage à l'absinthe du verre
  • 1 larme de gin london, bien dry
  • 2cl de jus de citron jaune
  • Eau gazeuse à discrétion
Instructions:
Rincez votre verre highball à l'absinthe puis versez l'excédent dans l'évier. Ajoutez la larme de gin, l'authentique larme de D. Cameron. Puis ajoutez dans n'importe quel ordre nos bons alcools européens. Ajoutez 2 cl de jus de citron JAUNE, pas vert, soyons sérieux, restons dans l'Europe ! Ajoutez vos glaçons, mélangez bien à la cuillère puis complétez d'eau gazeuse à discrétion ! C'est prêt !

Le top 20 des ingrédients à avoir chez soi pour préparer des cocktails – deuxième partie

Chose promise, chose due ! Je vous avais dit que la deuxième partie de ce top ne serait pas repoussée aux calendes grecques (#instantculture).

Si vous ne l’avez pas lue, je vous conseille la première partie avec la méthodologie et les 10 premiers ingrédients.

Et pour la deuxième partie, on entre tout de suite dans le vif du sujet sans plus de préliminaires :

11. Maraschino – 35 pts

La liqueur de cerise dalmate (une fameuse cerise tachetée de noir et de blanc) était très populaire aux prémices du cocktail, avant de tomber peu à peu en désuétude avant qu’un cocktail comme le Last Word ne vienne la remettre sur le devant de la scène. Boire au moins une fois un Last Word est une excuse suffisante pour acheter une bouteille de Maraschino (trouvable dans n’importe quelle épicerie italienne qui se respecte !).

Un Dalmatien de Disney
Combien faut-il de cerises dalmates pour faire une bouteille de Maraschino ? 101 (OK je sors)

12. Cognac – 33 pts

Avant la grande crise du phylloxera en France, c’était l’alcool de prédilection du cocktail (cf la première recette écrite, le Prescription Cocktail) et du punch. Il s’est fait remplacer par le bourbon et le rye à cause de la pénurie.

12 (ex aequo). Saint-Germain – 35 pts

Le Saint-Germain est une liqueur très récente (même si le design et le marketing essaient de nous faire croire à un produit de longue tradition), mais sa polyvalence l’a très vite rendu célèbre et indispensable dans tout bar qui se respecte. Il a même été surnommé « le ketchup du cocktail » aux Etats-Unis sans que ce soit péjoratif pour autant, c’est même plutôt un compliment aux States. Dans des cocktails au gin, c’est superbe par exemple. Ou du pisco.

14. Chartreuse – 31 pts

Et oui, cette bonne vieille liqueur plusieurs fois centenaire mérite totalement sa place dans votre liquor cabinet. Encore une fois, pour se préparer un Last Word (très beau mariage avec le Maraschino), ou dans quelques grands classiques comme le Bijou.

14 (ex aequo). Vermouth blanc – 31 pts

Doit-on encore le présenter ? Pourquoi si loin dans le classement se diront certains. On n’est pas très Dry Martini chez Cocktail Molotov, c’est la seule explication.

16. Champagne – 25 pts

Même si ce n’est pas pour faire des cocktails, je vous conseille fortement d’avoir toujours du champagne chez vous, ça fait partie des bonnes manières. Pas plus tard que la semaine dernière, Salma Hayek et Penelope Cruz sont venues sonner chez moi (une sombre histoire de braquage de banque), je leur ai proposé un verre de champagne, et après nous avons (censored). Tout ça marche moins bien avec des canettes de Kronembourg. Bon d’accord, j’ai peut-être exagéré légèrement cette histoire. Si vous voulez toute la vérité, Penelope Cruz n’était pas là, elle avait la gastro, du coup il n’y avait que Salma.

J'adore son sourire
J’adore son sourire

17. Tequila – 22 pts

Admettons que vous voulez séduire une Mexicaine, genre Salma Hayek … oui ça va, j’arrête mes histoires. Tout simplement pour faire des Margaritas, des Tommy’s Margarita (il vous faudra du sirop d’agave en plus) ou des White Negroni (il vous faudra de la Suze en plus).

18. Blanc d’oeuf – 18 pts

Le meilleur agent de texture sur le marché, 100% naturel. Sans lui, pas de Ramos Gin Fizz ou de Whiskey Sour.

19. Crème de fruits rouges – 15 pts

C’est un ingrédient au final peu utilisé dans les cocktails, mais c’est toujours bien d’avoir une crème de cassis, de mûres ou de framboises à la maison. Pour se faire un Bramble par exemple. Ou tout simplement un bon Kir, il y a des fois où on a la flemme de sortir le shaker, avouons-le.

20. Amaro – 14 pts

Keksékeça l’Amaro, ça veut rien dire « amaro ». On a regroupé sous cette dénomination générique, plusieurs propositions disparates, comme le Campari, le Cynar ou la Suze. Comme personne ne s’est mis d’accord, on a préféré vous dire Amaro, et vous laisser vous démerder. Non mais oh, Cocktail Molotov, c’est pas ta mère non plus, faut un peu se sortir les doigts de temps en temps.

20 (ex aequo). Rye – 14 pts

Ahah tu croyais qu’il était fini le top ? Tu te disais, c’est bon, je viens de lire le 20e ingrédient, je peux fermer la page tranquille, assez de culture pour aujourd’hui, en plus y a la quotidienne de Secret Story qui commence … PERDU ! Il y a un 20e ex aequo, chez CM, on est généreux, pour un top 20 acheté, un 21e ingrédient offert en bonus. En plus pas n’importe lequel, le rye ! Si vous n’avez bu que des Manhattan au bourbon, je suis désolé de vous le dire, mais vous êtes puceau du Manhattan. Il FAUT boire un Manhattan au rye dans sa vie.

 

Voilà c’est terminé pour le top 20 (+1), vous pouvez maintenant nous insulter copieusement dans les commentaires en mode « Comment ça, il n’y a pas le Kahlua ? Et comment on peut faire des White Russian ? Je retourne tout de suite regarder des vidéos de Swagg Man sur Youtube » ou encore « Comment ça, il n’y a pas la nouvelle liqueur de chez Tempus Fugit ? Décidément vous n’y connaissez rien en cocktail sur ce site, je retourne immédiatement boire de la Vedett à Williamsburg ».

Les cocktails à Paris sont-ils trop chers ?

Le Gorafi a encore frappé, et cette fois-ci c’est la mode des cocktails qui a fait les frais de la piquante ironie de la rédaction avec le titre suivant : « Paris – Le cocktail à 22 euros n’était en fait qu’un gin avec un peu de tonic ». C’est légèrement exagéré (comme d’habitude avec le Gorafi), puisque 22 € se rapproche plus des prix pratiqués dans les palaces que de ceux des bars à cocktails parisiens, qui tournent plutôt à 12 € le cocktail, mais ne vous êtes vous jamais demandé ce qui justifiait ce prix ? Et surtout, n’avez-vous jamais eu la remarque de la part d’un ami que vous avez voulu initier au cocktail « Mais où est-ce que tu me ramènes ? 12 € le cocktail, mais tu es fou, le < insert cheap bar name here > fait les pintes à 5 € ! ».

 

Le gérant de bar à cocktails dans son habitat naturel
Le gérant de bar à cocktails dans son habitat naturel

 

J’enlève donc ma casquette de « fan de cocktail » pour mettre celle de « journaliste d’investigation » (je l’ai piquée à Jean-Pierre Pernaut, il ne s’en servait pas). Je suis allé interroger différents gérants de bar (je leur ai parlé sur Facebook en fait), qui tiennent à garder l’anonymat. Moi aussi je garderais l’anonymat si je roulais en Ferrari Testarossa ou si j’habitais un 110 m² dans le 7e arrondissement payés grâce aux marges faramineuses faites sur les cocktails que je sers dans mon bar. Blague à part, voici la synthèse chiffrée de ces différents entretiens.

 

Le prix d’un cocktail à 12 € se décompose comme ceci :

  • 2 € de TVA (20 % du prix TTC)
  • 2 à 2,5 € d’ingrédients
  • 1 à 1,5 € de loyer
  • 1 à 1,5 € de dette
  • 3 à 3,5 € de masse salariale
  • 1,5 à 2 € de marge brute

 

Entrons dans le détail de chacune de ces catégories. Bon la TVA, c’est vite réglé, je pense que vous savez ce que c’est.
Pour les ingrédients bien sûr c’est très variable, et les 4 cl de vodka Vomitoff au fond de votre Caïpiroska ne coûtent pas autant que les 10 cl d’alcool d’un délicieux Last Word, avec un gin de qualité, de la Chartreuse, du Maraschino et du citron vert fraîchement pressé. Même un sirop maison fait avec des fruits frais, peut vite faire monter l’addition.
Pour le loyer, vous êtes au courant de la situation de l’immobilier à Paris, autant dire que c’est pas donné.
Alors la dette, là déjà c’est moins évident (sauf si vous êtes un businessman averti), mais pour monter un bar, il faut emprunter : achat du fonds de commerce, travaux, matériel. Emprunt qu’il faudra bien sûr rembourser tous les mois.
La masse salariale est la part la plus importante dans le coût du cocktail. En effet, un barman formé, qui a gagné quelques concours de par le monde, rompu à servir un grand nombre de cocktails à l’heure de pointe coûte plus cher que la petite étudiante anglaise qui fait son summer job à Paris dans un pub irlandais. Sans compter que préparer un cocktail prend beaucoup plus de temps que de servir des pintes. De plus, quasiment 50 % de ce montant est destiné à l’Etat (les barmen aussi ont droit à la Sécu et à une retraite, dans quel monde vit-on …)
Enfin la marge brute, dans laquelle il faut quand même enlever le remplacement du matériel (casse, et comme vous vous en doutez, dans un bar il y en a beaucoup, mais aussi usure etc.), diverses taxes, l’expert-comptable. Et sur ce qu’il reste, vous aurez encore la joie de payer l’impôt sur les sociétés.

 

Il n’a pas échappé aux plus rusés d’entre vous que si la TVA ou le coût des ingrédients sont proportionnels au nombres de verres servis, il n’en est pas de même pour le loyer, la dette, ou dans une certaine mesure les salaires des barmen (jusqu’au point où l’on sert tellement de cocktails qu’il faut embaucher un barman de plus). Ces coûts par verre correspondent donc à des hypothèses de fréquentation « raisonnables » du bar. Aucun de ces gérants n’a voulu me dire à combien de verres par semaine cela équivalait, il faut bien garder le secret qui permet d’avoir le prix d’une Clio sur le poignet ou quelques années de loyer au cou (re-blague, mais je paye un cocktail au premier qui reconnaît la référence). Si vous arrivez à faire mieux que ces estimations « raisonnables » c’est tout benef pour vous, puisque vous allez amortir ces coûts fixes sur plus de verres, et le moins que l’on puisse dire c’est que la fréquentation de certains bars, notamment le weekend est loin d’être raisonnable.

 

En conclusion, si vous voulez savoir si on se fout de votre gueule, prenez en compte tous ces éléments. Et si vous voulez mon avis, vous vous faites plus enfler sur la bière que sur les cocktails.

Les Cocktails de la Prohibition : le Last Word

Ce mercredi sort en salle une nouvelle adaptation cinématographique de « Gatsby le Magnifique » avec Leonardo Di Caprio et Tobey Maguire. L’occasion pour nous de revenir sur une époque qui n’a pas toujours été tendre avec le cocktail, qui lui fut même presque fatale : la Prohibition. Contrairement à ce que vous avez peut-être entendu à droite et à gauche, ce n’est pas lors de la Prohibition que les cocktails ont été inventés pour masquer le goût des mauvais alcools : il suffit d’ouvrir un bouquin de Jerry Thomas ou de Harry Johnson pour voir que des recettes de cocktail, il en existait déjà un bon paquet bien avant la Prohibition. Bien au contraire, le manque de produits de qualité a gravement nui à l’imagination des barmen, et peu de cocktails créés à cette époque sont passés à la postérité, si ce n’est ceux qui ont été inventé en Europe.

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Martinez

Après les classiques, ceux que l’on adore rater dans les bars de « base », les cocktails du jour qui surfent sur la vague du renouveau de la mixologie, voici les vintages. Ces précieux breuvages datent de l’âge d’or du cocktail, juste avant la période la plus sombre de notre histoire: Le Moyen-Age et son obscurantisme ? La Seconde Guerre mondiale et les camps de concentration ? Les années 2000 et l’avènement de la télé-réalité ? Que nenni … Je parle bien sûr de la Prohibition !

Cette longue période sans alcool a fait tomber les cocktails dans l’oubli. Heureusement, certains barmen consciencieux avaient pris soin de coucher sur le papier leurs recettes les plus fameuses. C’est le cas de Jerry Thomas et son fameux Bartender’s Guide, dans lequel on retrouve le Martinez. On trouve une occurrence précédente de ce cocktail dans le Modern Bartender’s Guide de O.H. Byron en 1884. Ce cocktail est le précurseur du Martini, on y retrouve déjà le gin et le vermouth, ainsi que le bitter.

Martinez

Par , le

Temps de préparation : 3 minutes

Ingredients

  • 3 cl Plymouth gin
  • 6 cl vermouth rouge
  • 0,5 cl de liqueur de marasquin
  • 1 dash de bitters à l'orange

Instructions

  • Assembler les ingrédients dans le verre à mélange
  • Remplir de glace
  • Remuer à la cuillère en essayant d’accompagner les glaçons d’un mouvement fluide pendant environ 15 à 20 secondes
  • Filtrer dans un verre à cocktail préalablement refroidi
  • Déguster