Le top 20 des ingrédients à avoir chez soi pour préparer des cocktails – deuxième partie

Chose promise, chose due ! Je vous avais dit que la deuxième partie de ce top ne serait pas repoussée aux calendes grecques (#instantculture).

Si vous ne l’avez pas lue, je vous conseille la première partie avec la méthodologie et les 10 premiers ingrédients.

Et pour la deuxième partie, on entre tout de suite dans le vif du sujet sans plus de préliminaires :

11. Maraschino – 35 pts

La liqueur de cerise dalmate (une fameuse cerise tachetée de noir et de blanc) était très populaire aux prémices du cocktail, avant de tomber peu à peu en désuétude avant qu’un cocktail comme le Last Word ne vienne la remettre sur le devant de la scène. Boire au moins une fois un Last Word est une excuse suffisante pour acheter une bouteille de Maraschino (trouvable dans n’importe quelle épicerie italienne qui se respecte !).

Un Dalmatien de Disney
Combien faut-il de cerises dalmates pour faire une bouteille de Maraschino ? 101 (OK je sors)

12. Cognac – 33 pts

Avant la grande crise du phylloxera en France, c’était l’alcool de prédilection du cocktail (cf la première recette écrite, le Prescription Cocktail) et du punch. Il s’est fait remplacer par le bourbon et le rye à cause de la pénurie.

12 (ex aequo). Saint-Germain – 35 pts

Le Saint-Germain est une liqueur très récente (même si le design et le marketing essaient de nous faire croire à un produit de longue tradition), mais sa polyvalence l’a très vite rendu célèbre et indispensable dans tout bar qui se respecte. Il a même été surnommé « le ketchup du cocktail » aux Etats-Unis sans que ce soit péjoratif pour autant, c’est même plutôt un compliment aux States. Dans des cocktails au gin, c’est superbe par exemple. Ou du pisco.

14. Chartreuse – 31 pts

Et oui, cette bonne vieille liqueur plusieurs fois centenaire mérite totalement sa place dans votre liquor cabinet. Encore une fois, pour se préparer un Last Word (très beau mariage avec le Maraschino), ou dans quelques grands classiques comme le Bijou.

14 (ex aequo). Vermouth blanc – 31 pts

Doit-on encore le présenter ? Pourquoi si loin dans le classement se diront certains. On n’est pas très Dry Martini chez Cocktail Molotov, c’est la seule explication.

16. Champagne – 25 pts

Même si ce n’est pas pour faire des cocktails, je vous conseille fortement d’avoir toujours du champagne chez vous, ça fait partie des bonnes manières. Pas plus tard que la semaine dernière, Salma Hayek et Penelope Cruz sont venues sonner chez moi (une sombre histoire de braquage de banque), je leur ai proposé un verre de champagne, et après nous avons (censored). Tout ça marche moins bien avec des canettes de Kronembourg. Bon d’accord, j’ai peut-être exagéré légèrement cette histoire. Si vous voulez toute la vérité, Penelope Cruz n’était pas là, elle avait la gastro, du coup il n’y avait que Salma.

J'adore son sourire
J’adore son sourire

17. Tequila – 22 pts

Admettons que vous voulez séduire une Mexicaine, genre Salma Hayek … oui ça va, j’arrête mes histoires. Tout simplement pour faire des Margaritas, des Tommy’s Margarita (il vous faudra du sirop d’agave en plus) ou des White Negroni (il vous faudra de la Suze en plus).

18. Blanc d’oeuf – 18 pts

Le meilleur agent de texture sur le marché, 100% naturel. Sans lui, pas de Ramos Gin Fizz ou de Whiskey Sour.

19. Crème de fruits rouges – 15 pts

C’est un ingrédient au final peu utilisé dans les cocktails, mais c’est toujours bien d’avoir une crème de cassis, de mûres ou de framboises à la maison. Pour se faire un Bramble par exemple. Ou tout simplement un bon Kir, il y a des fois où on a la flemme de sortir le shaker, avouons-le.

20. Amaro – 14 pts

Keksékeça l’Amaro, ça veut rien dire « amaro ». On a regroupé sous cette dénomination générique, plusieurs propositions disparates, comme le Campari, le Cynar ou la Suze. Comme personne ne s’est mis d’accord, on a préféré vous dire Amaro, et vous laisser vous démerder. Non mais oh, Cocktail Molotov, c’est pas ta mère non plus, faut un peu se sortir les doigts de temps en temps.

20 (ex aequo). Rye – 14 pts

Ahah tu croyais qu’il était fini le top ? Tu te disais, c’est bon, je viens de lire le 20e ingrédient, je peux fermer la page tranquille, assez de culture pour aujourd’hui, en plus y a la quotidienne de Secret Story qui commence … PERDU ! Il y a un 20e ex aequo, chez CM, on est généreux, pour un top 20 acheté, un 21e ingrédient offert en bonus. En plus pas n’importe lequel, le rye ! Si vous n’avez bu que des Manhattan au bourbon, je suis désolé de vous le dire, mais vous êtes puceau du Manhattan. Il FAUT boire un Manhattan au rye dans sa vie.

 

Voilà c’est terminé pour le top 20 (+1), vous pouvez maintenant nous insulter copieusement dans les commentaires en mode « Comment ça, il n’y a pas le Kahlua ? Et comment on peut faire des White Russian ? Je retourne tout de suite regarder des vidéos de Swagg Man sur Youtube » ou encore « Comment ça, il n’y a pas la nouvelle liqueur de chez Tempus Fugit ? Décidément vous n’y connaissez rien en cocktail sur ce site, je retourne immédiatement boire de la Vedett à Williamsburg ».

Les Cocktails de la Prohibition : le Sidecar

On continue la série des cocktails de la Prohibition lancée hier avec le Last Word. Aujourd’hui, un cocktail inventé en Europe « grâce » à la Prohibition : le Sidecar.

En effet, pour cause de chômage technique – plus une goutte d’alcool à mixer – nombres de barmen migrent vers l’Europe pour continuer à exercer leur art. Ainsi le Sidecar nait dans les années 20, à Londres ou à Paris. Les sources divergents, mais par pur chauvinisme, et parce qu’on aime bien David Embury sur ce blog, on situera l’origine du cocktail à Paris. Ce qui est certain en revanche, c’est son influence américaine, puisqu’il est devenu très populaire au Harry’s Bar, repère parisien des Américains dans les années post-Première Guerre Mondiale (et il l’est encore un peu aujourd’hui).

Lire la suiteLes Cocktails de la Prohibition : le Sidecar

Fish House Punch (video)

Un Fish House Punch et ses ingrédients principaux, rhum, cognac, crème de pêche et sirop

Le Fish House Punch est le plus ancien punch américain : il date de 1732 ! Il était servi dans un club de pêche de Philadelphie, le Schuylkill (ça se prononce SKOO-kull d’après Ted Haigh) Fishing Company, aussi connu sous le nom de « Fish House ».

Ce n’est pas une simple cabane à la campagne, puisqu’à une certaine époque, vous auriez pu y croiser George Washington ou même le marquis de La Fayette en train de faire griller les steaks (Véridique ! Tout le monde met la main à la pâte au club, quel que soit son rang ).

D’ailleurs en 1732, Schuylkill est une colonie, et deviendra un état lors de l’indépendance américaine. Cela correspond à l’actuelle Pennsylvanie.

Les tribulations d’une vieille recette

Ted Haigh, toujours lui, dans Vintage Spirits and Forgotten Cocktails nous donne différentes variantes de la recette. C’est qu’en près de 300 ans, elle a eu le temps d’évoluer, et surtout d’autres barmen ont pu se la ré-approprier !

La recette qu’on vous présente ci-dessous est la plus basique et probablement la plus correcte historiquement parlant. C’est celle que l’on trouve dans le livre de Jerry Thomas. Il fait d’ailleurs référence au mélange de rhum, cognac et peach brandy sous le nom de « mixture ». Mais on trouve des recettes avec du thé à la place de l’eau. Une recette de 1907 propose d’ajouter des fraises, de l’ananas et des oranges, mais du thé, ah ça non, ça serait une abomination.

Fish House Punch

Par , le

Un Fish House Punch et ses ingrédients principaux, rhum, cognac, crème de pêche et sirop

Temps de préparation : 5 minutes

Ingredients

  • 2 cl de cognac
  • 4 cl de rhum ambré type jamaïcain
  • 2 cl de jus de citron jaune
  • 2 cl de crème de pêche de vigne
  • 1 cl sirop de sucre
  • 6 cl d'eau

Instructions

  • Combiner tous les ingrédients dans un shaker
  • Remplir de glace à ras bord
  • Shaker vigoureusement pendant 7 à 10 secondes
  • Servir dans un verre type highball

Sidecar (video)

Cognac, Cointreau, citron … trois ingrédients pour un cocktail de grande classe. Le Sidecar est vraiment le plus fameux représentant du cocktail européen des années 20. A cause de la Prohibition qui sévit aux Etats-Unis, de nombreux bartenders américains trouvent refuge en Europe, où ils implantent la culture cocktail. Inventé à Paris (ou à Londres, mais les ingrédients laissent quand même penser à une origine très française), il doit son nom à un capitaine de l’armée américaine qui venait toujours en Sidecar dans le bar où le cocktail a été inventé.

Sidecar
Sidecar
Recette du Sidecar

Temps de préparation: 5 minutes

Ingredients:
  • 6 cl de Cognac
  • 3 cl de Cointreau
  • 1,5 cl de jus de citron