Le Mezcal

les pinas qui servent au mezcal

Beaucoup d’entre nous ont découvert le Mezcal en même temps que le cocktail (de qualité). Lorsqu’il s’agit de le définir auprès d’amis, la chose la plus simple (mais également fausse) est de dire qu’il s’agit d’un(e) tequila fumé(e).

Arrivé bien en retard sur nos étalages comparé au marché mexicain, américain ou encore espagnol et anglais, il fait maintenant figure d’alcool quasi indispensable dans bon nombre de bars à cocktail de l’hexagone. C’est le spiritueux posé sur les tables à manger du Mexique, le plus authentique, celui fabriqué par les mexicains, pour les mexicains. L’export n’existe que depuis les années 90. Le mezcal a en fait plus de 400 ans !

Histoire, fabrication et utilisation en cocktail du Mezcal

Pré-requis: Voici notre article sur la/le tequila (où vous apprenez que l’on dit « un tequila » et non « une tequila !).

Son histoire

Le mot mezcal vient des mots Nahuatl  metl & ixcalli, qui assemblés veulent dire « agave cuite au four ».

Vous verrez que les Mexicains sont quand même badass et que ces spiritueux sont là grâce à des mecs qui en veulent !

Le tequila est en fait un type de mezcal. Après avoir décroché le nom de tequila à la fin des 70’s, le produit a été poussé au rang de boisson nationale et poussé à l’export comme tel. Les rares étrangers qui avaient eu vent du mezcal considéraient ça comme un tord-boyaux, bu par les ouvriers et vendu dans les bars populaires.

Sa fabrication

Les agaves ou « maguey » en espagnol, il en existe plus de 250 variétés au Mexique, 22 seulement peuvent être utilisées pour l’appellation d’origine.

Parmi les 22, vous retrouverez souvent ces variétés : Madrecuixe, Tobalá, Espadín, Largo, Cirial, Tripón, Barril.

les pinas qui servent au mezcal
champ de pinas

 

9 régions du Mexique peuvent produire du Mezcal, bien plus donc que pour la tequila.

Plus de 150 marques sont enregistrées à l’organisme en charge du mezcal au Mexique (Consejo Regulador del Mezcal).

Les agaves mettent entre 7 et 30 ans à mûrir selon la variété et peuvent dépasser les 3 mètres de diamètre.

Ils pèsent entre 50kg et 350kg.

Preparacion horno
Les pinas sans les feuilles

 

Ici, la technique nous est expliquée par Alex Mermillod, ambassadeur international d’Amores. Alex, qui vient tout droit de Haute Savoie, a eu l’occasion de travailler pour Domaine des Hautes Glaces (ou DHG pour les intimes) dans les Alpes. C’est un vrai passionné des beaux produits et un ambassadeur de qualité pour la marque. Rien ne lui échappe et je vous souhaite d’échanger quelques mots autour de la technique ou de lui demander de vous parler de ses voyages ! C’est au détour d’un trip au Mexique qu’il est tombé amoureux du produit il y a de ça bientôt 5 ans.

Les agaves une fois récoltés sont cuits dans des fours en terre ou en pierre creusés à même le sol, ceux-ci font plusieurs mètres de diamètre pour pouvoir accueillir les agaves.

Le bois de chêne sert pour la cuisson, c’est également ce qui apporte le côté fumé au mezcal.

Mezcal-producteurs-mexique
Les producteurs de mezcal

Il va falloir une tonne de bois de chêne pour cuire 5 à 7 tonnes d’agave, il faut 5 jours de cuisson à l’étouffée. D’autres bois peuvent être utilisés pour la cuisson comme l’ocote, le pin ou encore le mezquite, pour apporter des notes différentes. Puis le producteur se sert d’une

taona, une meule, entraînée par un mulet pour broyer l’agave cuite. Cela aura pour conséquence de l’oxygéner et de séparer la fibre du jus. Le jus récolté fermentera ensuite naturellement pendant 7 à 13 jours en été et jusqu’à 30 jours en hiver, la fermentation est faite à ciel ouvert dans des cuves en bois de 1500L et il arrive qu’il fasse -3°C la nuit dans les plaines de Durango.

Cuves de fermentation
Fermentation en activité

Le bagazojus fermenté titre entre 4 et 8 degrés d’alcool, il va ensuite être distillé avec sa fibre (pour ajouter du goût) en alambic de cuivre de 350L maximum pour sortir à entre 20 et 35 degrés comme mezcal ordinaire. Il est ensuite rectifié sans matières solides pour atteindre plus de 70 degrés. L’appellation Mezcal nécessite un produit titrant entre 36 et 55 degrés d’alcool en bouteille.

On résume : Avec un rendement de 10%, des plantes qui nécessitent jusqu’à 30 ans de maturation, qui font entre 50 et 350 kg… avec notre cognac, armagnac ou calvados on pourrait faire figure de petits bras !

still-mezcal
Alambic qui tourne !

La technique de production est on ne peut plus traditionnelle !

L’équipe Amores, ce sont des épicuriens amoureux de leur pays, le Mexique, de leur héritage culturel. Leur volonté a été de s’insérer sur un marché déjà concurrentiel qu’est celui du Mezcal mais en ayant une démarche de qualité, de terroir et de transparence. C’est suivre cette volonté grandissante de clarté de la part des consommateurs qui en ont de plus en plus marre de ne pas savoir ce qui se trouve dans les produits qu’ils consomment.

Cette démarche de clarté et d’honnêteté envers les consommateurs comme envers leurs fournisseurs se traduit à travers plusieurs actions:

-L’équipe apporte un coup de main aux communautés de cultivateurs d’agave, 15% des bénéfices générés par Amores sont réinvestis chez les producteurs sous la forme d’outils plus performants par exemple.

-Amores, sur le principe du fair trade, a instauré un prix plancher au kilogramme d’agave afin de ne pas asphyxier ses fournisseurs. Le prix de l’agave est régulé par un cours (comme pour le lait ou encore le kilo de porc en France).

Nos références en matière de Mezcal dans l’hexagone sont limitées. L’actuel Mezcal probablement le plus utilisé dans les bars pour les cocktails est le Del Maguey Vida, très fumé. Vida est une version exubérante du mezcal, qui semble spécifiquement conçu pour les cocktails. Le caractère fumé se retrouve instantanément dans le cocktail, le mezcal domine. Cependant, je ne qualifierai pas Del Maguey Vida de mezcal de dégustation, en bouche il est plutôt simple et cette fumée intense peut vous lasser. Le mezcal est plutôt cher sur nos étalages et si vous souhaitez sortir des sentiers battus ça risque de vous coûter entre 80 et 150€ la bouteille (Alipus, Real Mineros, etc.).

Ici, Amores propose un produit disponible à 40-45€ qui est intéressant à la dégustation, subtile, sa fumée est légère et ne domine pas les autres arômes. Espadin, le seul produit disponible sur le marché français pour le moment, est assez « earthy », l’agave est très présente et des arômes terreux et herbacés se détachent, notes d’agrumes également.

Bouteille-mezcal-amores
Jolie bouteille de Mezcal

Par conséquent, pas évident de l’utiliser en cocktail, à mon sens, il nécessite de concevoir le cocktail autour de ce produit et pas « n’importe quel mezcal », de toute façon pour en avoir goûté un paquet, chaque mezcal est plutôt différent… Son degré d’embouteillage à 37° renforce la direction « dégustation » prise par la marque. Par conséquent, n’allez pas le défoncer avec une teinture de piment et du sirop d’ananas flambé, ce ne sera pas dans ce genre de cocktails qu’il s’exprime le mieux. Les cocktails aromatiques au verre à mélange se prêtent au jeu, à condition d’utiliser Amores comme base et ensuite de partir par exemple sur un vermouth délicat ou un amer…

Espadin est probablement le plus doux (et accessible ?) de la gamme Amores, pour avoir goûté la suite de la gamme qui arrivera après sur nos étalages, ça dépote !

Mezcal Amores, flacons
Ne pas tenter de refaire ça chez vous.

La marque va probablement s’imposer comme un compétiteur sérieux en hexagone. On espère que les prix sauront rester doux…

Ceci n’est pas un mojito

Je me promenais tranquillement sur le Web, sur Facebook plus exactement, quand tiens, tiens, que vois-je ? Une énième machine à cocktails. Ces automates qui vous promettent de merveilleux cocktails avec une simple pression fleurissent en ce moment, et je ne compte pas le nombre de projets de start-ups ou de Kickstarter que j’ai vu passer sur le sujet. Ni une ni deux, je me suis dit qu’il était temps que CocktailMolotov prenne position sur le sujet.

 

Sur l’idée de faire préparer son cocktail par une machine, je suis assez partagé : je suis ingénieur, spécialisé en apprentissage automatique -une branche de l’intelligence artificielle. L’automatisation est ma raison d’être, et partisan du moindre effort, j’apprécie de pouvoir faire exécuter certaines tâches fastidieuses par un ordinateur ou une machine. Mais préparer un cocktail, ça reste pour moi un plaisir, et je ne vois pas l’intérêt de déléguer ça à une machine. Et si je ne suis pas d’humeur à préparer le cocktail moi-même, je préfère me le faire préparer par un humain, avec qui je pourrai discuter, qui pourra m’expliquer le choix des ingrédients par exemple.

 

Un avantage de faire préparer le cocktail par une machine est la reproductibilité : une fois les doses programmées, j’ai plus de chance d’obtenir de la constance dans les cocktails préparés, par rapport à un humain qui pourrait être un peu radin ou à l’inverse avoir la main lourde avec un ingrédient d’un cocktail à l’autre.

 

Après ça, c’était juste « dans l’idée ». Après l’idée, il y a le concret, et le concret, c’est le Barmate. Ci-dessous une petite vidéo qui montre l’engin en action …

 

Si c’est pour me préparer un mojito aussi mal qu’un mauvais barman, non merci ! Et vas-y que j’envoie le sucre, la menthe et les quartiers de citron dans le verre, avant de piler vite fait le tout. Autant dire que :

  • Aucune saveur n’est extraite de la menthe
  • le sucre n’est pas dissout
  • très peu de jus de citron est extrait

 

Je passe sur les quantités ridicules de rhum et de glace pilée, comparé à la bonne rasade d’eau gazeuse : tout comme les mauvais mojitos je vous disais ! Je suppose cependant que l’on peut personnaliser ces paramètres.
Quand je vois les recettes qu’ils proposent sur leur site Internet ou les bouteilles qu’ils utilisent comme ingrédient (Malibu Coco …), j’espère que cette machine rejoindra bien vite le cimetière où croupissent ses prédécesseurs. Pour rappel, voici comment on fait nos mojitos chez CM

Finale Burgers vs Cocktails

Enfin, le grand moment est arrivé. C’est vrai qu’on s’est un peu endormi au milieu de notre petit tournoi, vacances, Whisky Live et autres, l’actualité était bien chargée. Mais ça y est, on organise la finale qui opposera le Little Red Door côté cocktail, à l’American Bistrot côté burger. Qui sortira vainqueur de ce match à mort ? Le burger ? Le cocktail ? C’est à vous de décider !

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Paradox Cocktails, des cocktails au thé Kusmi BB Detox

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Bonsoir, je m’appelle Baptiste et si je suis ici ce soir c’est que, comme vous, j’ai succombé aux sirènes du marketing Kusmi.

–Bonsoir Baptiste- (à l’unisson)

Oh les jolies boiboites fluo !

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Tequila Sunrise

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La tequila sunrise est un long drink acceptable, mais qui abuse du sucre (surtout si vous ne le faites pas avec du vrai jus d’orange). L’association entre la tequila et le mélange jus d’orange+grenadine n’a aucun sens gustatif car on ne met pas en valeur les propriétés plus herbacées et terreuses de la tequila. On dirait plutôt qu’on cherche à masquer un maximum les arômes du spiritueux : avis aux amateurs de vodka-Red Bull!

Verdict Molotov : On vous pardonne si vous prenez ça la maison mais vous serez banni du site si vous commandez ça au bar!

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