Bloody Mary

Un verre de bloody mary avec une branche de romarin et une tomate cerise en garnish

Souvent vu à la carte des bars même les moins pointus en cocktail, le Bloody Mary est pourtant un cocktail qui sort de l’ordinaire : c’est pas souvent qu’on mélange de la vodka et du jus de tomate.

Bloody Mary

Par , le

Un verre de Bloody Mary
Certains droits réservés par lila dobbs

Temps de préparation : 5 minutes

Ingredients

  • 6 cl de vodka
  • 12 cl de jus de tomate
  • 1,5 cl de jus de citron
  • 7 gouttes de tabasco
  • 4 dashes de Worcestershire Sauce
  • Du poivre du moulin
  • Une pincée de sel de céleri

Instructions

  • Assembler tous les ingrédients dans un tumbler
  • Ajouter des glaçons
  • Faire des aller-retours entre les deux parties du boston shaker (plutôt que de shaker)
  • Garnir avec une branche de céleri

L’histoire du cocktail Bloody Mary

Un cocktail originaire de Paris ?

Son relatif succès tient sans doute à son histoire. Ce cocktail aurait été inventé à Paris par Fernand Petiot (qui a une page Wikipédia anglaise mais pas en français). Il raconte l’avoir servi la première à deux voyageurs en provenance de Chicago.

Selon eux, il y avait un bar à Chicago qui s’appellait le Bucket of Blood (seau de sang, NDLT 😉 ), et une serveuse que tout le monde surnommait « Bloody Mary ». Le cocktail aurait rappelé à nos deux voyageurs cette serveuse, et le nom serait resté.

Cette histoire n’est corroborée que par Petiot lui-même (et sa grand-mère, ceci est rapporté très sérieusement dans l’article Wikipédia !), et ce ne serait pas la première fois qu’un barman s’accorde un peu vite la paternité d’un cocktail. Surtout que Petiot revendiquait aussi avoir servi tous les présidents américains de 1934 à 1972.

Etant donné qu’il travaillait pendant cette période il travaillait dans l’hôtel de luxe St Regis à New York, c’est fort possible. Mais la modestie est rarement le fort du barman, et visiblement Petiot ne faisait pas exception. De là à ce qu’il faille prendre tout ce qu’il disait avec un grain de sel …

Les autres versions de l’origine du Bloody Mary

Alors comme pour tout cocktail qui a un peu de succès et dont l’origine est contestable, des versions parallèles existent. Le 21 club a même deux versions pour le revendiquer ! Premièrement il aurait été inventé par un de leurs barmen appelé Henry Zbikiewicz dans les années 30. Dans la deuxième, il aurait été inventé par George Jessel, un comédien qui fréquentait le club.

Mais le ridicule ne tuant définitivement pas, Petiot aurait revendiqué avoir inventé le Bloody Mary au St Regis, à New York, en 1934. Soit presque 15 ans après l’avoir soi-disant lui-même inventé à Paris ! Et il l’aurait fait sur la base du cocktail de Jessel qui n’aurait été, selon lui qu’un banal mélange de vodka et de tomate, et c’est lui qui aurait eu l’idée d’ajouter des épices. Voilà qui complique encore un peu plus la sauce chose !

Une autre version nous dit que ce cocktail aurait été inventé au Ritz pour Hemingway qui craignait les colères de sa femme, Mary Welsh.

On ne connaîtra probablement jamais le fin mot de l’histoire, mais que cela ne vous empêche pas de boire ce cocktail !

Crédit photo en-tête : Certains droits réservés par Wine Dharma

Mojito

Préparation des mojitos à la Bodeguita del Medio, à Cuba

Le Mojito est définitivement un cocktail emblématique qui rafraîchit tous les gosiers, qui vous transporte en un instant sous de chaudes latitudes caribéennes au son de la salsa.

Depuis une quinzaine d’années, ce cocktail cher à Hemingway tient le haut du pavé en France. Comme toute chose qui devient trop populaire, il s’est galvaudé et aujourd’hui, on ne sert plus qu’une soupe étrange qui ressemble vaguement à un Mojito dans la plupart des bars, et on se demande s’ils savent comment préparer un Mojito !

C’est un cocktail conçu pour être rafraîchissant, il ne doit donc pas être trop fort en alcool ou trop sucré, de même il ne doit pas être amer. Il faut utiliser du rhum cubain (voire notre guide des rhums), du jus de citron vert pressé, de la menthe fraîche et de l’eau gazeuse.

Comment faire un Mojito

La réussite du Mojito réside, comme dans la plupart des grands classiques, dans un travail minutieux du détail : la recette est simple et pourtant il y a une telle variation de qualité d’un bar à l’autre ! Considérez la recommandation de la référence mondiale Robert Hess, « Ne jamais demander un Mojito à un barman occupé, le Mojito est un cocktail compliqué, qui demande du temps ».

L’importance d’avoir des ingrédients frais de première qualité !

Pour un Mojito de première qualité, on garde au frais ce qui doit être frais jusqu’au dernier moment, pas de Pulco, pitié ! La menthe est un élément critique ainsi que la glace, à défaut d’en avoir suffisamment ou que ces éléments soient de mauvaise qualité (et les lecteurs de CM savent qu’on ne rigole pas avec la glace), laissez vos envies de Mojito pour la prochaine soirée!

Mojito

Par , le

Un mojito garni d'une tranche de lime (citron vert) et d'un petit bourgeon de menthe
Certains droits réservés par Chris Pople

Temps de préparation : 5 minutes

Ingredients

  • 5 cl de rhum cubain
  • 2 cl de jus de citron vert
  • 2 cuillère à café de sucre blanc
  • 6 à 8 feuilles de menthe
  • 3-4 cl d'eau gazeuse

Instructions

  • Mettre les feuilles de menthe au fond du verre
  • Ajouter le sucre. La texture abrasive de la poudre va permettre de mieux extraire la saveur de la menthe en évitant l’amertume
  • Mettre un tout petit peu d’eau gazeuse. Ca vous dit quelque chose les Mojitos avec un sédiment épais de sucre? C’est que le barmen ne connaissait sûrement pas l’importance de cet ajout d’eau préalable qui facilite la dissolution du sucre
  • Ecraser gentiment le mélange … j’ai dit gentiment ! Si on y va trop fort, la menthe va prendre un goût amer et/ou vous vous retrouverez avec des bouts de menthe entre vos dents. Le but de cette opération est d’extraire les huiles essentielles de la menthe, de dissoudre le sucre et de commencer à lier le mélange

Matériel

  • Verre « Highball »
  • Cuillère
  • Pilon

Notre article sur le matériel recommandé par CocktailMolotov

C’est la version du Mojito qu’on vous servira dans les grands bars. Vous obtenez ainsi un Mojito très clair, propre, rafraîchissant comme il devrait l’être et agréable à la vue par sa transparence légèrement teintée de vert par la menthe.

Le mojito, un cocktail qui n’est pas forcément le préféré des barmen

Parmi les barmen qui se respectent en France, une partie plus radicale a décidé, pour montrer qu’ils étaient sérieux lorsqu’il s’agissait de leurs mélanges, de refuser de préparer des Mojitos. Ce parti pris est respectable – il s’agit de proposer de nouvelles recettes pour éduquer les palais des clients- mais n’est pas nécessaire : le Mojito est une vraie institution et mérite toute sa place au sein des plus beaux bars du monde !

L’histoire populaire du Mojito

Sachez que le Mojito peut avoir différentes interprétations. Tout comme la Caipirinha ou le Mint Julep, il s’agit d’un cocktail populaire qui n’a ni inventeur attitré ni lieu de naissance précis. En effet les Cubains pour adoucir l’attaque du rhum et pouvoir le déguster plus facilement à tout moment de la journée, se servaient de produits accessibles de l’île : le sucre, le citron vert et la Hierbabuena (variété de menthe). Le Mojito naît dans les alentours de 1930 sous plusieurs formes et évolue avec la société cubaine. C’est la découverte par Hemingway d’un épicier qui avait perfectionné la recette qui a permis la diffusion de ce cocktail.
A cause de cette naissance hétérogène, il est difficile de définir la recette originale. Sachez qu’à Cuba, au temple havanero des Mojitos qui est la Bodeguita del Medio, le Mojito est fait avec de la glace entière. Le Mojito restant un cocktail rafraîchissant, leur recette comporte par conséquent plus d’eau gazeuse. La recette que nous vous présentons est celle inspirée par la Bodeguita, qui a suivi quelques « améliorations » ensuite par les bars de grand standing. Prenez celle que vous préférez, en cocktails il n’y a pas une seule recette valable, mais toute recette qui en est une, doit être le fruit de la réflexion et de l’amour du mélange.

J’aime bien la menthe, est-ce que je peux rajouter plein de feuilles de menthe ? Ils font comme ça dans mon bar préféré, mais ils ne prennent pas le temps d’écraser les feuilles …

Oui si on veut une salade, mais pour un cocktail, il vaut mieux 10 feuilles correctement pressées.

J’ai pris un Mojito dans un bar réputé pour ses cocktails, ils ajoutaient quelques gouttes d’un liquide brunâtre à la fin. Qu’est ce que c’est ?

C’était certainement de l’Angostura, un alcool de la famille des Bitters. On en met parfois deux ou trois « dashes » dans le Mojito pour le relever et casser un excès de douceur.

À retenir pour la préparation du Mojito

  • On utilise du Rhum traditionnel, suivez les recommandations de CM.
  • On n’utilise pas un Rhum industriel boisé cela est incompatible avec le caractère de cette boisson
  • Le jus de citron vert frais est préféré à des quartiers de citrons pilonnés
  • On utilise du sucre en poudre blanc. Pour faire plus vite (on vous a dit que c’était pas l’idéal mais on comprend ce sont des choses qui arrivent) vous pouvez utiliser du sirop de sucre, cela donnera un goût légèrement moins prononcé au cocktail. En revanche il faut proscrire la cassonade, c’est une invention française, là vous serez plutôt dans le Ti Mojito !
  • La version plus répandue à la Havane utilise des glaçons entier et plus d’eau gazeuse

Précisions mixologico-chimiques de haute importance !

  • Le fait d’écraser la menthe permet d’extraire ses huiles essentielles, qui apportent son arôme cocktail. C’est une technique régulière utilisée pour préparer des cocktails avec des ingrédients tels que des herbes aromatiques ou des écorces de fruits
  • Le sucre en poudre permet d’extraire plus facilement les huiles essentielles, on évite donc en écrasant trop fort la menthe de faire ressortir l’amertume
  • Le sucre se dissout le plus facilement dans de l’eau, alors qu’en présence de glace et d’alcool il sera très difficilement soluble

Photo d’illustration de l’article : Certains droits réservés par BPPrice