Soirée au Paris Boogie Speakeasy

Quand on est un petit cocktail de seconde zone, on est déjà bien content si on n’est pas servi entre une vodka-Red Bull et une série de shots de téquila bon marché. Si on est un cocktail qui a déjà gravi quelques échelons dans la hiérarchie des mélanges, on commencera à être regardant sur la qualité et la fraîcheur des ingrédients. Mais quand on est un Sazerac ou un Vieux Carré, en plus d’être exécuté avec le plus grand respect, on est en droit de demander à être servi  comme au début du 20e siècle dans un bar de la Nouvelle-Orléans.

Soirée cocktail molotov

Malheureusement pour ces cocktails, nous sommes à Paris en 2011. Heureusement pour nous, il existe des endroits comme le Paris Boogie Speakeasy, qui sont dignes d’accueillir ces honorables cocktails, et des passionnés assez fous pour oser les servir – vos humbles serviteurs, Juan Pablo et Maxime.

Ces vénérables cocktails étaient accompagnés à la carte d’un French 75, d’un Clover Club, d’un Whiskey Smash et du fameux Corpse Reviver #2. Que du beau monde était donc convié ce soir-là, côté cocktail comme côté invité. Car le Paris Boogie Speakeasy a ça d’exceptionnel qu’on peut y croiser pêle-mêle une blogueuse de mode, des militaires en uniforme de soirée, une Sorbonnarde, un grand cuisinier chilien, et même quelques danseuses du Crazy Horse comme Zula Zazou, la capitaine des girls, Baby Light, Diva Novita, Ruby Chromatic et Lila Magnetic…

Et, en tout premier lieu, Miss Pandora – la reine de la fête -et ses amies. Les jeunes Polytechniciens conviés ont eu fort à faire pour égaler le charme et l’élégance du général Boulanger que les affiches du film Elena et les hommes rappelaient.
Soirée cocktail molotov

Notre sélection, très « Old School » n’était pas faite pour les petits joueurs. Ces cocktails composés en grande partie de liqueurs et spiritueux – très peu voire pas du tout de jus ou de sirop – requièrent un palais robuste et éduqué aux saveurs d’antan. Les invités ne se sont pas défilés, et se sont prêtés volontiers au jeu, passant de la finesse des bulles de champagne au mélange détonnant de l’absinthe et du rye whiskey dans un Sazerac.

Un cocktail bien préparé (en tout cas nous avons fait notre maximum pour qu’il le soit) est déjà un vrai plaisir à lui tout seul. Mais combinez-le avec une ambiance qui oscille entre le speakeasy Pure Prohibition et la cave germanopratine, le tout au son de grands pianistes de Boogie Woogie, comme Jean-Paul Amouroux, et vous êtes presque au bord de l’extase. Il ne manque plus que de caresser la finesse d’un bas Cervin, et tous vos sens sont subjugués à la fois. Une expérience formidable !

 

Remerciements à Yves Riquet

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