Les meilleurs bars de Paris : La Vue, Hotel Concorde-Lafayette

Nous tenons à préciser que l’Hôtel Concorde-Lafayette s’appelle désormais Hyatt Regency Paris-Etoile. Ce changement de nom s’est accompagné d’un changement d’équipe et surtout d’un renouvellement de la carte. Nous n’avons pas eu l’occasion de tester ces nouveaux cocktails (mais nous avons eu la nouvelle carte sous les yeux). Rien n’indique donc que ce qui est décrit dans cet article est toujours conforme à l’expérience que vous pourriez avoir en allant visiter ces lieux.

13 avenue de la Grande Armée, 75016 Paris

Les cocktails prennent de la hauteur

 

Je ne suis vraiment pas bar d’hôtels….

Hôtels français pardon. Je ne dirai jamais que du bien de l’American bar du Savoy et l’Artesian du Langham qui m’ont bluffé l’été dernier. Ce n’est pas la qualité du service qui me dérange dans les palaces parisiens, souvent impeccable dans l’étiquette et correcte dans la mixologie, ni la décoration, somptueuse bien sûr. Mais c’est cet oubli total de l’ambiance et de l’âme (qui font d’un bar une expérience unique) qui m’énerve dans l’approche hôtelière du bar. Si c’est pour les drinks uniquement je reste chez moi et je me régale a piacere. A 30 euros le verre, qui peut-on espérer croiser dans ces endroits-là, si ce n’est des nouveaux riches exhibant leur nouvelle bimbo ou leur dernière Rolex, ou encore quelques touristes américains ou asiatiques qui croient y trouver le « vrai » Paris. Ok j’y vais un peu fort, mais comme ça vous le saurez : les bars d’hôtels parisiens, ce n’est pas ma tasse de thé.

Aujourd’hui j’ai décidé de vous parler d’un bar…d’hôtel. Le Concorde-Lafayette je connaissais déjà avant d’être allé le tester pour le blog. Sa vue imprenable depuis le 34ème étage sur Paris et notamment la tour Eiffel, font de lui un point idéal pour vos rencards, euh…sorties entre amis. Le premier détour que j’y ai fait là-bas était en 2006. À l’époque j’étais très admiratif de la carte. Facile, trop facile, lorsque l’on sait qu’à cette époque j’aimais encore les cocktails avec du chocolat ou de la crème. Ma deuxième rencontre avec ce bar fut un peu plus particulière.

L'ancienne déco du Bar La Vue

Bar panoramique il y a quelques années. Si c’est pas bon pour les rencards ça?

Mais commençons par le commencement. Un copycat de Groupon proposait un cours de cocktails au Jazz Club étoile du Méridien avec Stephen Martin. Stephen je venais de le voir passer sur Infosbar avec une vidéo sur un Mojito travaillé avec un shaker sous vide, le Mojito blanc. Ce n’est pas son titre de meilleur mixologue de France 2009 qui m’avait impressionné, mais plutôt le fait que dans cette vidéo il parlait de Jerry Thomas, de Jamie Boudreau, de cocktails classiques, de twists modernes: pas besoin de plus pour me convaincre. Nous sommes allés au cours avec Stan Schwab, fondateur de l’école Haut de Forme, qui a du se moquer de moi pendant 3 mois puisque j’ai laissé tomber un Ramos Gin Fizz (notez la présence de crème et oeufs dans la recette) sur mes jeans car j’ai fait un shake «stylé» dans l’énorme shaker de Stephen (qui avait une contenance de 4 cocktails dedans, imaginez l’ampleur de la catastrophe). Sachez cependant que j’ai répondu avec talent et brio à toutes les questions du professeur, car je venais de finir de lire le Imbibe de Wondrich: #likeaboss. Bref je m’étale, le cours s’est avéré excellent et ensuite, motivés par ce début de soirée haut en cocktails, nous sommes allés rencontrer Paul-Eric qui à l’époque finalisait la mise en place d’un nouveau concept de caviste à cocktails (www.sipeasy.fr).

Stephen Martin

Stephen Martin. Photo « casual ».

C’est là que tout se connecte : le Méridien étant en face du Concorde-Lafayette, nous sommes montés au bar Panoramique (quoi ? c’est pas bizarre d’y être allés à trois mecs, nous sommes des passionnés du cocktail!) et quelle déception ! La carte paraissait toute droite sortie du bar à sirops-vodka-chamallows,  a.k.a fancy cocktail, le plus proche de chez vous.  À 17 euros, ces vrais Frankensteins de la mixologie faisaient honte à l’endroit, tout autant que les canapés et les moquettes du bar qui avaient l’air d’avoir souffert par l’usure du temps. Vite fait, bien fait, on n’a rien pris et on est allé à La Conserverie, qui est devenue pendant un moment mon QG cocktails.

L’histoire continue à s’entrelacer. Quelques mois plus tard on annonce que le bar panoramique du Concorde-Lafayette ferme pour travaux de rénovations et que le nouveau chef barman va être…Stephen Martin ! Visiblement les dieux ont écoute nos cris de douleur face à la vision de gens en train de siroter des «screaming bitch orgasms cocktail» devant l’une des plus belles vues de la ville lumière. Fin 2011 on annonce l’ouverture du Bar La Vue et mi-février me voilà. Je vais vous faire une petite confession avant de commencer, je suis allé accompagné au Bar La Vue. Donc je vous demanderai des excuses de ne pas avoir harcelé les barmen de questions, de pas leur avoir demandé des recettes farfelues pour les tester et tout simplement de pas avoir fait le cocktail geek comme on le fait si bien avec mon collègue Maillot.

Le bar du Bar La Vue

Le bar…

La vue du bar La Vue

…La Vue. MDR

L’endroit a complètement changé. Les tons rouges dominent, avec une décoration moderne un peu différente de la panoplie de bars qui se développent à Paris. C’est un choix qui est sûrement mieux adapté, le Speakeasy volant étant un concept audacieux, à développer pour les plus entrepreneurs d’entre vous. L’aménagement du bar est réussit dans ce sens où il vient exploiter le plus grand atout du bar, qui est sa vue. Peu de chaises au comptoir, mais un «contrecomptoir» qui regarde Paris, et puis des tables dans un niveau légèrement inférieur au bar où vous êtes vraiment confronté au paysage, séparé par le vide vertigineux de la tour du Concorde-Lafayette. Barmen tout en blanc, beau comptoir, bouteilles bien choisies, musique lounge pas trop forte qui permet de converser, le tout s’éloigne un peu de la vision classique du bar de palace et cela me plaît plutôt bien. On est là plus pour une expérience intime, que pour regarder la table d’à côté. Paris s’impose.

Fin

#Suspens

#Émotions

#Désarroi

#Soif

La carte! Vous ne croyiez tout de même pas que ça s’arrêtait là 🙂 Elle est composée de 4 sections: historiques, pour les femmes, pour les dandies, et les classiques. Le choix n’est pas trop large, ce qui est toujours bien dans une carte de cocktails, jamais plus d’une vingtaine de recettes. La section historique, comme vous pouviez bien vous le douter, est ma préférée. Elle compte trois cocktails:

Le Chanticleer cocktail, une recette redécouverte par le maestro David Wondrich, et qui est essentiellement un Sazerac aéré par un shake.

Chanticleer Cocktail

Qui a shaké mon Sazerac bordel! 

Le Ramos Gin Fizz au Sauternes. Stephen est un vrai spécialiste du Ramos, que demander de plus?

Ramos au sirop de Sauternes

Ramos. Enough said?

Le Punch à la Romaine, avec une recette française, redécouverte aussi, d’un des plus anciens livres de bar français.

Punch à la Romaine

Punch à la Romaine. Pour des palais exigeants.

J’ai eu le temps de goûter les trois en commençant par mon cocktail fétiche le Ramos. Comme on vous l’explique dans notre vidéo ce cocktail est une sorte de tarte citron meringuée liquide, et le chef-barman du bar La Vue le décrit comme «l’ancêtre de la Pina Colada». Ce n’est pas aussi sucré qu’une Pina pourtant, c’est très léger malgré les ingrédients, un vrai délice qu’ici vient être légèrement exacerbé avec le sirop de Sauternes qui vient rajouter encore une petite couche fruitée à ce cocktail « agrumeux ». Le punch à la romaine ensuite, un bel équilibre de rhum, cognac, curaçao, citron, sirop de framboise et porto. Un punch bien à l’ancienne et pas comme ceux que vous connaissez plus classiquement (comme les planteurs, qui ne sont qu’une variété tropicale): beaucoup d’alcool, légèrement modifié par du sucre et du citron, le tout servi dans un lit de glace concassée avec quelques fruits par dessus.  Délicieux à mon sens, mais qui nécessite un peu d’entraînement du palais. Si vous êtes plutôt cocktail-macdo ne commencez pas par celui là. Last but not least, the Chanticleer cocktail, un beau clin d’œil sûrement par le côté franchouillard de l’image derrière le nom de cette recette et sa connexion avec le cock-tail (connaissez vous the chanticleer society? awesome website). Pas grande chose de nouveau par rapport à un Sazerac, mais faut-il vraiment rajouter quelque chose au Sazerac?

Ma compagne est partie du côté féminin et du côté des classiques. Tout d’abord un Cosmopolitain blanc : vodka, jus de cranberry blanc, Sauternes (et un peu de curaçao et citron?). Moins sucré que l’original, un peu plus astringent, intéressant même si je ne suis pas très Sex & The city:

Cosmopolitan is not a sophisticated cocktail

Cosmo is shit. Say what??

Fancy glass - Bar La Vue

La faute à la table, à la tour, ou aux cocktails précédents?

Ensuite une Caipirinha. Comme on vous l’expliquait dans la vidéo de Maxime, les Brésiliens disent que le secret de la caipi c’est le sucre. Et au bar La Vue ils l’ont compris en utilisant du sucre brésilien.

Caipirinha - Bar La Vue

Nossa, Nossa. Ou pas…

Le secret du cocktail réussi réside dans le travail du détail et dans la connaissance de l’équilibre gustatif. Les deux paramètres sont bien maitrisés dans ce bar, avec la préparation de concoctions maison, l’utilisation d’ingrédients plus rares à Paris (parce qu’ils améliorent le goût du cocktail et pas parce qu’ils rajoutent de la complexité gratuite!), du hard shake pour certaines recettes et de spiritueux savamment choisis. Maintenant, pour les plus pointus d’entre vous, quelle est la différence avec les autres bons bars à cocktail de Paris? Pour moi Stephen Martin est mieux ancré dans la vision classique du cocktail et je trouve cela plutôt positif. Souvent quand je vais dans des bars très connus de la nouvelle vague parisienne je trouve leurs créations inintéressantes. Soit trop farfelues et pas équilibrées, soit trop kitsch avec la substitution d’un ingrédient par un autre plus farfelu  dans un classique pour le nommer à son effigie. Trop de création, tue la création. Je ne vais pas trop m’attarder sur la vision que j’ai du bar contemporain, mais si l’on regarde les faits, la carte du bar La Vue est un sans fautes, alors que dans d’autres cartes il n’y a que 3 cocktails sur 12 qui m’intéressent. Ceux qui préfèrent l’innovation seront peut-être moins attirés par la carte, mais moi, j’affirme que de l’innovation, il y en a assez pour un concept de bar qui ne veut pas se centrer purement sur de la création. Pour finir sur cet article, le bar possède une belle sélection de spiritueux à servir straight.  Une seule marque par spiritueux, nous avons eu la chance de découvrir le rhum Banks 5 Islands, qui depuis est devenu mon rhum blanc favori.

Le Crew du Bar la Vue.

Le Crew du Bar la Vue.

Le prix ? 27 euros. Vous payez le cadre. N’y allez pas tout le temps, mais « la vue » (subtil jeu de mots) vaut le détour.

La copine de JP boit un cocktail

Votre copine vous remerciera

Vraie fin

10 Comments

  1. speedeo 23/05/2012 Reply
    • cocktailmolotov 23/05/2012 Reply
  2. un mojito 23/05/2012 Reply
  3. Whiteblog 28/05/2012 Reply
    • cocktailmolotov 28/05/2012 Reply
  4. hotel Paris 09/06/2013 Reply
  5. Belamine 10/06/2013 Reply
    • CocktailMolotov 10/06/2013 Reply
  6. lhoest 09/11/2013 Reply

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