Hollywood Cocktails

« For our selection of cocktails, we tried to heed a golden rule of good cocktail making : keep it simple. We have concentrated on classic cocktails that have passed the test of time. »

« Pour notre selection de cocktails, nous avons souhaité respecter la règle d’or du cocktail : Rester simple. Nous nous sommes concentrés sur les cocktails classiques qui ont passé l’épreuve du temps. »

Deux phrases pleines de sagesse, trouvables dès l’introduction du livre, CocktailMolotov y adhère complètement…

"J'ai l'air douce... mais je vais vous en faire baver..."

« J’ai l’air douce… mais je vais vous en faire baver… »

Et pourtant ça commençait bien… Je ne parle pas du portrait d’Audrey Hepburn en couverture du livre… mais soyons fair-play, allons jusqu’à la fin…

Certains penseront que ce portrait est là pour accroître le potentiel de vente du bouquin… #marketing / #parano

Le livre mentionne la cocktail étiquette ou la nécessité de créer et/ou de respecter un environnement propice à la découverte du cocktail. Etre élégant, passe par une attitude adéquate, un choix vestimentaire, choix de musique, etc. L’accueil du convive doit se faire dans de bonnes conditions et même si elle s’est décontractée au XXIe siècle, du hard rock et un short ne sont pas tellement propices à la découverte ou à l’appréciation d’un cocktail.

Soit, on partage la perception du cocktail de l’ auteur…

Le livre démarre en grande pompe avec une double page consacrée au Dry Martini, certainement l’un des cocktails les plus remaniés de l’histoire des boissons mélangées.

Je vous recommande chaleureusement de lire l’article sur le blog de l’ami F. Monti, ainsi que d’acheter son livre si ce n’est déjà fait.

Dry Martini, enregistré en 1904 (à Paris), avec des proportions généreuses de vermouth sec… le cocktail a subi la prohibition, la seconde guerre mondiale mais également les préférences de célèbres alcooliques notoires reconnus comme tels. Par conséquent, les quantités de vermouth sec se sont réduites au fil du temps pour devenir quasi inexistantes dans des versions comme celles qu’affectionnait Churchill.

Remember: Keep it simple

Remember: Keep it simple

Décryptons ensemble la recette du livre

  • 50ml de Gin
  • Dry Vermouth (sans mention de la quantité, ca commence mal)
  • 1 green olive or lemon
  • Zest

Ajouter deux gouttes de vermouth dans un verre à mélange rempli de glace, mélanger doucement et jeter l’excedent de liquide, ajouter plus de glace, puis le gin et mélanger à nouveau. Servir en filtrant dans un verre à martini. Garnir avec au choix un zeste de citron ou une olive verte. Ce verre peut également être servi sur glace dans un tumbler

Waouh, par quoi commencer ? Pas de quantité pour le vermouth, la recette adopte seulement un rinçage au vermouth du verre à mélange… Pas de bitter d’orange… Servi sur glace dans un tumbler…

Supposons que cette recette fut appliquée en 1935 (date du film cité pour ce cocktail), est-ce judicieux en 2002 (date de publication de l’ouvrage) de s’en servir comme référence sans mentionner de précautions pour le lecteur ? Un coup à vous faire détester le Dry Martini…

"Allez Brenda, trinquons au massacre des classiques !"

« Allez Brenda, trinquons au massacre des classiques ! »

 

Et c’est donc là que le bât blesse dans Hollywood Cocktails, les recettes sont complètement abracadabrantesques, inutiles, erronées et servent la plupart du temps à placer de jolies photos…

Allez, on continue, pour faire preuve d’ouverture d’esprit…

N’oubliez pas de retrouver les vraies recettes de ces cocktails légendaires dans nos ateliers cocktails Colada !

Tout n’est cependant pas à jeter dans ce livre. Le format fait mouche avec une courte explication de l’histoire du cocktail, la recette et comment la réaliser… un court résumé du film mentionné et enfin une citation « badass »…

On commence cependant par 7 variations autour du martini… n’est-ce pas un peu trop ?

Attaquons une autre légende du cocktail : Le Sazerac.

Le livre mentionne que le Sazerac fut originellement fait au cognac ce qui est faux, Wondrich l’a prouvé récemment avec Imbibe, seconde édition.

Cependant, préconiser de construire le cocktail sur du bourbon… est-ce très judicieux ?

De plus le livre mentionne du soda dans la recette et dit de servir le cocktail sur glace… pour finir la photo associée à la recette montre des gens attablés avec des verres comprenant des rondelles de citron !

Allez, on vous met un lien vers un truc cool : Sazerac

Petite trêve, il a respecté le Manhattan !

Petite trêve, il a respecté le Manhattan !

 

On continue le massacre:

sazerac

Old fashioned apparemment créé en 1900… il fait maintenant appel à de l’orange bitter à la place de l’angostura bitter…

Next: Voici les proportions du Whiskey sour : 5 parts de whiskey pour 4 parts de jus de citron, un tantinet trop acide peut-être non ?

Et puis des ovnis arrivent, avec l’histoire du Flip cocktail, qui semble juste. Afin de rester crédible dans la mise à mort de ce torchon, je vais être malhonnête et ne pas citer  ce que dit l’auteur au sujet du flip !

Tout n’est pas à jeter avec Hollywood Cocktails et la vérité se trouvera par petites touches dans la seconde moitié du livre sobrement intitulée « From here to eternity », sous la forme de recettes correctes pour l’Americano et le Mint julep par exemple.

En toute sobriété, j'espère seulement que l'auteur de parle pas de son livre...

En toute sobriété, j’espère seulement que l’auteur ne parle pas de son livre…

 

Mettez à la poubelle la recette du Screwdriver, si tant est que ça ait un quelconque intérêt pour le côté historique du livre, CocktailMolotov a d’ailleurs réalisé ce cocktail en vidéo : ici

Après tout, nous ne doutons pas du bien fondé de l’auteur lorsqu’il a écrit ce livre, on doute cependant avoir le même référentiel de mesure que lui lorsqu’il indique dans la recette du Mojito « 1 dash de jus de lime, 1 dash de sirop de sucre »…

Par pitié, n’allez pas jusqu’à la recette du Mai Tai au risque de devenir fou… Pour les plus curieux, « un indice s’affiche en bas de votre écran »

Je vous laisse, je n’ai pas eu le courage d’aller plus loin, je fonce à l’hôpital avant d’être à nouveau pris de convulsions…

Je suis, je suis ?

Je suis, je suis ?

Mai Tai: 50ml de rhum demerara, jus de citron jaune et vert, curacao, eau de vie d’abricot, sirop d’orgeat, jus d’ananas, 2 feuilles de menthe (seule quantité précisée avec celle du rhum…), tranche d’ananas, bouquet de menthe.

 

Baptiste Colada

Fondateur de Colada, créateur d'ateliers cocktails innovants pour tous. J'aime enseigner la découverte des saveurs, raconter des anecdotes, donner des conseils et me servir de mon expérience pour transmettre des connaissances... qui vont seront utiles pour briller en soirée auprès de vos potes !

 

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