Barcelona : Alturas, decadencia y ginebras (Part 1)

Barcelone n’échappe pas à l’inframonde du cocktail. Mon emploi du temps le faisait à priori. Et pourtant…

 

Vendredi 23H, pas trop loin du Passeig de Gracia:

 

Fraîchement arrivés après un vol où le « hard shake » a pris tout son sens, nous nous sommes apprêtés à une soirée plutôt tranquille de tapas y copas. Je n’arrivai pas à oublier les beaux gin tonics que j’avais vu dans un gastropub de San Sebastian l’été dernier. Des glaçons énormes et denses (pas les essais de glaçons qu’on voit souvent à paris), servis dans un grand ballon à vin, avec un choix très large de gins. Le Tramoia suivait exactement cette ligne:

 

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Gins Choisis: Fifty Pounds (recommendation du bartender) et Hendrick’s

Tonic water: Fever tree d’après mes souvenirs

Garnish: demi-rondelles de citron, grains de café (un peu plus d’une dizaine)

 

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Vous voyez ce que je veux dire par le style espagnol des gins tonics? Ça fait plaisir les doses indécentes de 10cl++ de gin et de glaçons en béton armé.

 

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Prix: 8,50 euros plus éventuellement le prix des softs à moins de deux euros (doute catalanesque). Cadeau (portion X2,5, gins de qualité).

 

Verdict: Même si nous avons fortement apprécié nos G&T le choix des grains de café n’était clairement pas optimal, donnant un côté liquoreux à une boisson essentiellement légère et citrique.
Pour citer la langue préferée de mon collègue Maillot: Keep it simple and stupid.

 

Je ne me sentais pas d’aller dormir, donc en forçant un peu mes amies abattues par les patatas bravas et les croquetas de pollo y jamon, j’ai réussi à les embarquer au bar qui m’avait marqué il y a environ un an: le Dry Martini. Dans mes souvenirs: un très joli bar vielle époque, plein de bois, de belles fournitures, des barmen en blanc, pas de carte, du savoir-faire. Quelle
déception…

 

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Dans mes souvenirs…

 

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Ce que j’ai retrouvé…un bar sale et mal rangé, bondé d’un public pas trop sélect et clairement en fin de soirée.

 

NDLR: Ok j’ai pris les deux photos le même jour et la première on dirait que c’est nickel  (effet d’optique grâce à votre photographe talentueux) et dans la deuxième que c’est pas si sale et bondé que ça. Croyez moi c’était le cas, un vrai choc d’entrée.

 

La conversation qui suivi fut un des moments forts de mon weekend à Barcelone.

 

-« Bonjour que puis-je vous servir? »

-« Pas de carte encore? »

-« Oui, tenez ici une liste de cocktails fruités à base de vodka ou rhum et ici une carte de mojitos »

(Tiens la dernière fois on me l’avait pas sortie celle-là bien que je m’étais procuré une de la table d’à côté par curiosité)

-« Rien d’un peu Vintage, un peu fin 1800? »

-« Ah? »

-« Vous savez quelque chose de classique, un peu ancien, genre époque dorée du cocktail »

-« Euh… »

-« Un Martinez? »

-« Un Martini vous dites? »

-« Non un Martinez…Un Sazerac alors »

-« Je ne connais pas monsieur… »

-« Un Corpse Reviver? Vous avez bien du Lillet? »

-« Attendez monsieur quelqu’un d’autre va prendre votre commande »

 

Je n’étais pas parti pour faire mon relou, je vous le jure. Mais c’était d’un naturel…

 

La bartendeuse qui a remplacé l’homme à la cinquantaine passée, que j’avais visiblement torturé avec mes questions, ne connaissait pas plus le Sazerac et le Corpse Reviver n°2, mais a eu le bon goût de faire les recettes comme je lui indiquais. En sirotant mon Corpse, goûtant le old cuban de ma copine fait sous commande et le truc (a.k.a martini fruité) au litchi de son amie je me suis
dis que la glace avait du transpirer avant d’avoir été servie dans nos cocktails. Le bar avait l’air de souffrir de son succès. Rempli comme pas possible, le désordre qui régnait témoignait peut-être de la seule explication possible de ce déclin.

 

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La déco reste très jolie mais les canapés avaient vécu et le tout n’était pas resplendissant.

 

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Une bonne idée pour votre appart (et le mien, en claire pénurie d’espaces de stockage).

 

Dernière chance. « Svp, servez moi un cocktail de votre choix. Pas de vodka, pas trop sucré ». La solution arriva. Un équilibre parfait, une compléxité remarquable. Tiens et si tout espoir n’était pas perdu?

 

Nom nul inventé par mes propres soins pour cet article: Coctel Esperanza

Créatrice: Bartendeuse rousse du Dry Martini

Methode: Shaker avec double strain

Verre: Coupette

 

  • 2 rondelles de gingembre frais (pilonées)
  • 6 cl de rhum industriel
  • 2 cl de jus de citron
  • 2 cl de sirop de sucre
  • 1,5 cl de liqueur Saint Germain

 

Bon allez hop dodo, je crois qu’un brunch m’attendais le lendemain matin:

 

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