La transparence selon Cocktail Molotov

Dans le domaine des blogs de cocktail, certains font preuve d’une morale plus ou moins fluctuante selon qu’ils sont interviewés par le supplément d’un hebdomadaire connu (ce qui m’amène d’ailleurs à me poser des questions sur le sérieux de ce supplément) ou qu’ils copient de manière éhontée nos colonnes ou ceux des autres.
EDIT : il semblerait que l’Express n’apporte plus sa caution à ce site web, du moins l’interview en question a-t-elle été retirée de son site.
Ce regrettable incident a au moins eu comme effet positif de me forcer à terminer un article que j’avais entamé il y a déjà quelques mois. En lisant « What would Google do ? » de Jeff Jarvis, j’avais été surpris par la profession de foi de l’auteur en début de livre : Jarvis confiait ses liens avec les différentes entreprises qu’il citait dans le livre (il détient notamment des actions Google et tire une partie des revenus de son blog grâce au système AdSense de Google). J’aurais pu refermer immédiatement le bouquin, me disant que j’étais en train de me faire entuber; un actionnaire, même infinitésimal de Google, qui me parle de Google, ça sentait l’arnaque. Et bien ces quelques lignes ont eu l’effet contraire : je faisais confiance à l’auteur, parce qu’il n’avait pas essayé de me cacher quelque chose, et mieux encore, il m’avait donné une information qui me permettait d’évaluer à quel point je serais prêt à lui accorder ma confiance. Le credo de l’auteur est inspiré de la citation de David Weinberger : la transparence est la nouvelle objectivité.
Transparency
La raison d’être de ce blog est de présenter une approche plus scientifique du cocktail (ce qui n’exclut pas bien sûr quelques sujets moins sérieux de temps en temps). De formation scientifique avec un fort penchant pour les mathématiques, les fondateurs de ce blog ont toujours tenté d’être le plus factuel possible, et de tendre vers l’objectivité. Et c’est possible quand on parle de degré alcoolique ou de spectrométrie sur des whiskies.

 

Dans ces cas-là, nous pouvons citer des sources (libre à vous d’aller les vérifier), nous pouvons faire des raisonnements et développer des calculs (libre à vous de les refaire ;-)), mais finalement, que nous soyons des employés de Pernod-Ricard ou Diageo ne va pas changer la formule qui permet de trouver le degré alcoolique d’un cocktail. En revanche, si je vous dis que le whisky Bonscotch de chez Highlands Corporation est une tuerie, c’est très subjectif, et j’aurais bien du mal à rester factuel. Même une note de dégustation est subjective. Devant l’impossibilité d’atteindre l’objectivité, il reste la transparence. Si je précise que j’ai payé la bouteille sur mes propres deniers, vous ferez peut-être plus confiance à mon avis que si je vous dis que Highlands Corporation m’en a fait parvenir une caisse. Et vous pourrez remettre complètement en question mon jugement si vous apprenez que Highlands Corporation me paie 10 000 € pour dire que ce whisky est le meilleur du monde. Et pourquoi pas ? A bon entendeur 😀 … Ce ne serait que de la pub, et il y en a dans tous les journaux que vous lisez et quasiment tous les sites que vous visitez. Ce qu’il faut, c’est qu’elle soit annoncée clairement comme telle. C’est obligatoire si on veut garder la confiance de ses lecteurs.

 

Chaque contributeur de Cocktail Molotov va donc lister ses conflits d’intérêts, ou leur absence le cas échéant.

 

Maxime Maillot

 

Je suis employé par un éditeur de logiciels, et j’en tire l’essentiel de mes revenus.
Je donne des cours de cocktails chez Haut De Forme.
Je suis actionnaire ultra-minoritaire du Syndicat (51 rue du Faubourg Saint-Denis).

 

Juan Pablo Morales
Juan Pablo habite maintenant au Chili où il a créé une entreprise, ce qui lui laisse peu de temps pour les cocktails, mais c’est toujours son hobby de prédilection.
Il a aussi une participation dans Haut De Forme.
Baptiste Bochet
Baptiste est actuellement employé par une compagnie pétrolière, en alternance sur des questions de cybersécurité.
Il donne aussi à l’occasion des cours de cocktail chez Haut de Forme.
Cocktail Molotov

 

Cocktail Molotov n’a aucun contrat avec une entreprise du monde des spiritueux.
Nous avons testé quelques formes de publicités sur le blog, mais aucune des expériences n’a été concluante, et les publicités ont été retirées (certaines subsistent peut-être sur certaines pages à cause de la mise en cache, mais elles devraient disparaître petit à petit avec la mise à jour du cache).
Dorénavant, chaque article dira précisément :

  • Si nous avons été invités (ie nous avons pu déguster gratuitement le produit)
  • S’il nous a été offert un quelconque cadeau (bouteille ou autre)
  • Si nous avons été payés pour écrire à ce sujet (ie il ne s’agit donc pas d’un article, mais d’un publi-communiqué, ou d’un article sponsorisé comme on le dit gentiment dans le milieu, bref de la pub)

 

Encore une fois, je le répète, je pense qu’il n’y a pas de honte à tirer des revenus de son blog. Ce qui serait honteux, c’est de le cacher à ses lecteurs, et de maquiller des publicités en articles.

Maintenant vous en savez un peu plus Cocktail Molotov, et les règles que l’on s’impose en manière d’éthique. Et on compte sur vous pour nous rappeler à l’ordre s’il nous arrivait de les oublier.
Cette page sera tenue à jour régulièrement. Nous sommes bien entendu ouvert à toute suggestion pour améliorer encore notre transparence.

Cheers !

 

Une journée au Rhum Fest

Comme on vous l’avez annoncé, le dimanche 6 avril (pour le grand public) et lundi 7 (pour les professionnels) se déroulait le Rhum Fest au Parc Floral. Comme vous le savez, quand s’ouvre un nouveau front dans la guerre mixologique, CocktailMolotov est en première ligne. Ne fuyant pas leurs responsabilités, Baptiste et Maxime sont allés enquêter directement sur le terrain.

 
10h59, Station de tram Montsouris
 

Mesdames et messieurs, exceptionnellement ce dimanche 6 avril, le service sera interrompu entre les stations Porte d’Ivry et Porte de Vincennes. Certainement la faute au Marathon de Paris, je ne sais pas pourquoi ces marathoniens seraient prioritaires, moi aussi j’en fais des marathons !
 

 
Bon ok, c’est pas les mêmes …
 
12h17, Parc Floral, stand Toucan
 

Enfin les portes s’ouvrent, et les corsaires les plus matinaux peuvent aller déguster leurs rhums préférés. Avec Baptiste nous faisons un premier tour, histoire de découvrir les marques présentes sur le salon, puis nous filons rencontrer les frères Arnold pour qu’ils nous présentent leur rhum Toucan.

 

Les rhums Toucan au Rhum Fest

 

Ce rhum, agricole comme quasiment tous les rhums des DOM français, est issu de la seule distillerie guyanaise. Je passe assez rapidement sur ce rhum, parce que Baptiste a prévu de vous faire un compte-rendu beaucoup plus détaillé de leur histoire et de la dégustation. Ils présentaient trois produits, et je pense que l’on peut dire que la version rhum blanc à 50° est celle qui nous a le plus séduit, mais chut, je n’en dis pas plus.

 
14h08, Stand Depaz
 

Après une pause sandwich bien méritée, il faut bien prendre des forces avant la suite des épreuves de la journée, on s’attaque à Depaz, la distillation de la Montagne Pelée, autant dire qu’on va avoir droit à un rhum volcanique (cette blague est sponsorisée par Laurent Ruquier). Encore une fois, c’est le blanc qui m’impressionne le plus : une sensation de gras et d’onctuosité en bouche proprement incroyable. Cette viscosité vient du fait de la lenteur avec laquelle est opérée la réduction du degré d’alcool. CocktailMolotov va enquêter sur le phénomène physico-chimique qui explique comment la vitesse avec laquelle on ajoute l’eau au rhum pour atteindre les 55° visé pour ce rhum joue sur la texture finale.

 

 

Un détour par le stand CBH où on goûte le Golden Falernum de Bitter Truth, plus sucré et moins épicé que le Velvet Falernum, et surtout, grande curiosité, du rhum de la Nouvelle-Orléans, notamment la version Cajun Spice qui m’a rappelé par certains côtés les Memphis Barbeque Bitters d’un cocktail bû à la Candelaria.

 

 

Mince il est déjà l’heure de filer à la

 
15h00, Conférence Plantation
 

Comme des mauvais élèves, on se retrouve au dernier rang pour la présentation de la gamme Plantation de Cognac Ferrand (mais nous n’en perdrons pas une miette) … 

 

Les bars à cocktails poussent-ils comme des champignons ?

J’ai l’habitude de dire qu’en ce moment à Paris, il s’ouvre un bar à cocktails par mois. Je le répète très souvent, dès qu’on me lance sur le sujet des cocktails, et j’ai fini par me persuader que c’était vrai, sans jamais l’avoir vraiment vérifié. Honte à moi ! Il était donc temps de faire un peu de #factchecking comme on dit maintenant (je mets des hashtags si je veux même si ça n’a aucun sens d’en mettre au milieu d’un blog #hashtagdouchebag #jemetsdeshashtagspartout #putainjarriveplusàmarreter).

 

Nous avons décidé chez CocktailMolotov de faire une carte de Paris des bars à cocktails, et de les faire apparaître au fil du temps. Le résultat est un gif animé que vous pouvez voir ci-dessous. La conclusion est sans appel : après une période de plus de 80 ans sans grande action tout s’accélère à partir de 2007.

 

 

On peut séparer l’histoire du cocktail parisien en deux phases : une première exposition au cocktail à la fin de la Première Guerre Mondiale, quand les soldats américains ont emmené avec eux leurs boissons préférées. Tout ceci a été renforcé par la Prohibition aux Etats-Unis. A cette époque sont nés quelques établissements qui ont traversé les âges (Harry’s Bar, Le Forvm et quelques bars d’hôtels). Puis un grand trou noir pendant lequel le bar de palace est la seule et unique référence du cocktail en France (comme le Ritz Hemingway par exemple). Et puis la deuxième phase, où le cocktail fait son retour dans les bars, les vrais, pas les bars d’hôtel sous l’impulsion du groupe ECC qui ouvre l’Experimental en 2007. La vitesse à laquelle les bars à cocktails s’ouvrent à partir de cette date est impressionnante.

 

Notre jeu de données

 

Comme tout bon data scientist qui se respecte, je vais vous dire comment a été créé notre jeu de données. C’est assez important notamment parce que la notion de « bar à cocktails » mérite d’être éclaircie, elle est finalement très subjective, et ce jeu de données reflète la position de CocktailMolotov sur le sujet.

 

Des bars à Paris, il s’en ouvre et il s’en ferme des dizaines chaque année à Paris, et certainement le même nombre à peu de choses près d’une année sur l’autre. Donc le simple critère de bar ne suffit pas. Et j’irai même plus loin, il ne suffit pas de servir des cocktails pour être un bar à cocktails. Nous avons essayé de ne retenir que des établissements dont le cocktail est un enjeu majeur, et pas seulement un moyen supplémentaire d’attirer une clientèle naïve. Il y avait donc plusieurs façons de se retrouver dans notre liste de bars à cocktails :

 

  • Avoir été identifié par un CocktailMolotov (Juan Pablo, Baptiste ou moi-même) comme un bar à cocktails.
  • Avoir été identifié par un blog dans lequel nous avons confiance (Bariana, 52martinis etc.) comme un bar à cocktails
  • Avoir été nommé au top 50 des meilleurs bars de France au salon Cocktail Spirit

 

Comme l’idée était vraiment de mettre en évidence la tendance, nous n’avons pas forcément gardé que ceux que nous considérons comme de bons bars à cocktails, mais tous ceux qui ont tenté (avec succès ou pas) de se conformer à cette image du bar à cocktails. Tout ceci représente quand même quelques heures de travail à trois.

 

Enfin, et c’est là toute la difficulté du métier de data scientist, nous avons été confrontés à certaines informations manquantes (notamment les dates d’ouverture de certains bars). Quand cette information n’a pas pu être retrouvée, le bar a été supprimé de la liste purement et simplement. Si par hasard votre bar n’apparaissait pas sur notre carte, c’est qu’il n’a pas été retenu suivant nos critères, ou que nous n’avons pas pu trouver les dates d’ouverture (et éventuellement de fermeture). Même dans le cas où votre bar apparaîtrait sur la carte, cela nous ferait un grand plaisir de recevoir un petit mail avec la date exacte d’ouverture (nous nous sommes très souvent contentés de l’année).

 

Pour les détails un peu technique, nous avons utilisé Google Maps pour la carte, la librairie JavaScript TimeMap, et les données sont au format JSON (ou CSV), et je peux vous les fournir si vous demandez gentiment et que vous êtes intéressés par tout ça.

 

Avez-vous déjà bu de la vraie tequila ?

Comme moi, vos premiers shots de tequila venaient certainement des bouteilles ci-dessous :

Des élixirs de mauvais souvenirs

Et encore ça, c’est si vous avez eu de la chance, c’est le haut de gamme du supermarché (bien que ça tende à changer, on trouve, par exemple, de la « El Jimador » dans certaines grandes surfaces). Vous avez peut-être expérimenté avec les marques de distributeurs et autres tequilas « no name » vendues au mètre dans un bar étudiant. Maux de têtes, nausées, vomissements… pas la peine d’aller sur Doctissimo (où l’on vous répondra sûrement que vous avez un cancer du cerveau ou que vous êtes enceinte au choix) vous avez juste abusé de la tequila bon marché.

STOP ! Découvrez ce délice d’agave qu’est la vraie tequila, à l’aide de nos conseils pour obtenir à coups sûrs le real deal !

Bref, comment distinguer bonne tequila et mauvaise tequila ?

Mais entrons dans le vif du sujet : avec le titre, vous avez tout de suite compris qu’il allait y avoir une comparaison entre la « vraie » tequila et la « fausse ». Vous me direz que déjà s’il y a écrit tequila sur la bouteille, c’est que ça doit être de la vraie (on est en France quand même, on peut râler,mais globalement les étiquettes sont assez claires). Oui c’est de la vraie, mais c’est pas de la « vraie ».

Regardez à partir de 3:00 pour ceux qui n’auraient pas compris la référence.

Cette « fausse » tequila et ces mauvais mélanges vous ont vacciné, en mal, à la tequila. D’où cette aversion qu’on retrouve chez certaines personnes pour ce spiritueux « ah non très peu pour moi, ça me fait vomir ! », « il y a vraiment un arrière-goût dégueu » « même si c’est de la haut de gamme (comprendre Jose Cuervo mixto, LOL), je ne supporte pas ! ».

On retrouve d’ailleurs un peu le même phénomène avec le gin : que ce soit pour le gin ou la tequila, le plus haut de gamme que nous propose le supermarché n’est même pas du milieu de gamme, contrairement au rhum ou au whisky, où on peut trouver quelques bonnes bouteilles.

Ce qui se cache derrière les mauvaises tequila et comment les identifier

Sans continuer davantage le sketch, regardons un peu de quoi est faite la tequila, et quelle est la législation qui l’encadre l’appellation. La tequila, comme on vous l’a enseigné en classe de 4e (comment ça non ? Les programmes ont du changer…) est un alcool issu de la fermentation du sucre d’agave bleue (qui n’est pas un cactus).

Déchiffrons les étiquettes de tequila

C’est là qu’il y a un petit tour de passe-passe : il suffit que 51% de ces sucres viennent d’agave pour obtenir l’appellation tequila. Autant vous dire que les bouteilles qui vous ont donné des nausées n’ont même pas pris la peine d’en mettre 52% et se sont bien arrêtées à la limite des 51%. Le reste des sucres provient de grain ou de canne; on appelle ces tequilas des mixtos, comme elles ne sont pas pures.

En revanche, il y a une deuxième mention qui vous permet de savoir que votre bouteille contient uniquement de l’agave, il s’agit de « 100% agave ». Là encore, pas d’illusion mes amis, si ce n’est pas marqué sur la bouteille, c’est que c’est une mixto, personne n’oublie de mettre la mention sur sa bouteille 100% agave. Attention ! La mention 100% Agave n’est pas garantie d’une tequila de grande qualité ou qui vous plaira au gout, elle qualifie seulement un effort (coût) supplémentaire lors de la création du produit.

Je voulais surtout attirer votre attention que vous n’avez probablement jamais bu de tequila 100% agave, donc c’est peut-être l’occasion de donner une deuxième chance à la tequila !

Il y a encore tout un tas de choses à dire sur la tequila, commencez donc par ce super comparatif sur les tequilas pour déterminer quel profil vous correspond le plus !

D’ailleurs je vous donne une super recette d’un negroni revisité en mettant en avant une bonne tequila et que j’ai bue au Glass à Paris.

White Negroni :

  • 3 cl de tequila (Calle 23)
  • 3 cl de Suze
  • 3 cl de Lillet Blanc

Au verre à mélange bien entendu, pas au shaker ! Servez le dans un tumbler sur gros glaçons, pressez un zeste d’agrume par dessus.

 

Pourquoi vous ne devez pas acheter de cocktail « prêt-à-boire »

La majorité des cocktails « prêt-à-boire » ou « pré-mix » sont des purs produits de l’industrie, bourrés de cochonneries chimiques, dans cet article nous allons vous montrer que 1, ce n’est pas compliqué de faire ses propres cocktails, 2, ça ne coûte pas plus cher. Les cocktails ont plus de 3 siècles et leurs recettes font appel à des ingrédients frais et authentiques, ne vous faites pas du mal en cherchant la facilité. CocktailMolotov vous donne ici les raisons et nous vous proposons un grand nombre de recettes faciles et délicieuses partout sur notre site.

La vérité et notre avis sur les cocktails « prêt-à-boire »

Une étude dans le domaine du prémix (rebaptisé cocktail prêt-à-boire) a été publiée d’après les chiffres de Rayon Boissons. Alors l’étude ne porte que sur les parts de marché, et ne dit rien de la croissance de ce marché. Je préférerais d’ailleurs nettement qu’il soit en décroissance, mais on peut toujours rêver. J’apporte donc ma modeste contribution à la destruction de ce marché, même si encore une fois, je ne me fais pas d’illusion sur l’impact de cet article auprès des multinationales qui vendent ces prémix, surtout en cette période estivale.

 

Soyons très clair, nous ne sommes pas contre le prémix, au contraire, si vous devez recevoir beaucoup de gens, il n’y a aucun problème à pré-assembler vos cocktails dans des bouteilles, ou à préparer un cocktail « normal » façon punch pour le servir en grande quantité. Je suis le premier à le faire et à le recommander. Non ce qui est mal, ce n’est pas de faire des prémix, c’est de les acheter tout prêt dans le commerce.

Les raisons de ne pas acheter de pré-mix dans votre supermarché

  • Ce n’est pas compliqué de préparer soi-même ses cocktails.

    • Dans le domaine de la cuisine par exemple, certaines choses ne sont pas à la portée de n’importe quel cuisinier en herbe, et je comprends tout à fait qu’on ne souhaite pas s’improviser grand chef ou pâtissier. Mais honnêtement, verser trois ou quatre ingrédients dans un saladier ou une bouteille, c’est clairement à la portée de tout le monde.

 

  • Ce n’est pas long de préparer soi-même ses cocktails.

    • Pour poursuivre l’analogie avec la cuisine, indépendamment du fait qu’un plat est simple ou compliqué à faire, il peut être très long à préparer. Là, il y a des fois où on ne veut pas passer deux heures aux fourneaux, et va faire un tour chez notre ami Picard. Mais honnêtement, verser trois ou quatre ingrédients dans un saladier ou une bouteille, c’est si long que ça ?(vous trouvez que cette dernière phrase ressemble beaucoup à celle du paragraphe précédent ? C’est fait exprès, on vient d’entrer dans une démarche développement durable, management environnemental, norme ISO 14001 chez CocktailMolotov, et nous recyclons même quelques bouts de phrases.). Les industriels vous font boire des cochonneries. Un jus de citron pressé le matin aura déjà commencé à s’altérer le soir. Alors je ne vous parle pas d’une semaine ou un mois plus tard. Mais ces petites merveilles de recherche agro-alimentaire que sont les prémix s’épanouissent tranquillement pendant plusieurs jours/semaines/mois sur les linéaires des supermarchés (je ne sais pas à quelle vitesse les stocks sont renouvelés, je pense que ça dépend des supermarchés), avant de finir leur maturation si particulière au fond d’un placard (même si je suppose que la plupart sont consommés quelques heures après avoir été achetés). Si vous vous préparez un Mojito chez vous, il y aura dedans du rhum, du citron vert, du sucre, de la menthe, de l’eau gazeuse … et c’est tout. Pas de colorant pour ce que ce soit plus joli, pas de conservateurs pour que le citron tiennent plus longtemps, etc.

 

Pre-mix atroce composé de mauvais ingrédients

Composé de E-machins, glucose inverti et autres saloperies !

 

 

  • Ça ne coûte pas forcément plus cher.

    • Je suis allé regarder les prix des prémix sur le site de Monoprix. Je passe tout de suite le prémix de Mojito par Bacardi qui vaut presque le même prix que le rhum Bacardi (21,99 €/L pour le prémix contre 25,49 €/L pour le rhum). Je pense qu’il n’y a même pas besoin de faire la démonstration que vous vous faites entuber si vous achetez ça. Je ne vais pas le faire non plus avec un autre prémix de Mojito, déjà parce qu’on a assez parlé de ce cocktail pour aujourd’hui, et parce que je n’ai pas envie de calculer le prix d’une feuille de menthe.On va prendre le Gin Fizz de Gibson’s, uniquement des ingrédients liquides, c’est beaucoup plus simple. Il coûte 12,79 € le litre. Il ne contient pas d’eau gazeuse, il n’y a donc que la partie « Gin Sour » en fait.

 

Comparaisons et calculs entre recette originale et pré-mix

Or, si je suis la recette de Robert Hess par exemple, il faut 6 parts de gin pour 2 parts de citron et une part de sirop de sucre. Pour obtenir un litre de ce mélange, il me faut donc 2/3 L de gin (Gibson’s of course, il faut comparer ce qui est comparable, même si chez vous, vous prendrez quelque chose d’un peu plus haut de gamme, je vous fais confiance). A 17,29 € le litre, on en a donc pour 11,52 € de gin. Il faut ensuite 2/9 de litre de jus de citron. Il faut je dirais 2 kg de citrons pour faire 1 L de jus de citron. Donc pour faire 2/9 de litre, il va me falloir 4/9 kg de citrons, à 4€/kg, cela nous fait 1,77 € de citrons. Enfin 1/9 L de sirop simple à 5,39 € le litre (si vous ne le faites pas vous même), soit 59 centimes de sirop. Et donc un total de 13,88 €, donc très proche des 12,79 € proposés par Gibson’s. En plus leur produit final fait 18°, ce qui veut dire qu’il y a moins de 50 % de gin, alors que ma recette en contient 66 %. Vous avez compris le fond de ma pensée. Et on parle citrons fraîchement pressés avec amour, pas d’un mélange d’acide citrique et de limonène.

La conclusion de cet article est assez évidente : c’est facile et rapide de préparer un cocktail. Ça coûte pareil, voire moins cher de le faire soi-même, et on est sûr de ce qu’on a dans notre verre au final. Si vous êtes en train de lire ce message, il y a des chances que je prêche un convaincu, mais vous avez certainement encore quelques amis qui s’intoxiquent avec ces infâmes mélanges, c’est l’occasion de les faire changer d’avis.

 

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